Un drame conjugal jugé à la cour d'assises de la Gironde
Matthieu Belloc, un agriculteur de 37 ans originaire d'Auros en Sud-Gironde, comparaît depuis le 31 mars devant la cour d'assises de Bordeaux. Il est accusé d'avoir assassiné Jérôme Pagotto, le nouveau compagnon de son ex-conjointe, et d'avoir tenté de tuer cette dernière, Sabrina Miquelajauregui, lors d'une soirée tragique à Caumont le 9 septembre 2021.
L'appel glaçant à la gendarmerie après les faits
Peu après les événements, vers 20 heures, Matthieu Belloc contacte la brigade de gendarmerie d'Auros via l'interphone. L'enregistrement, diffusé au procès, capture cet échange surréaliste : « Bonjour, ici Belloc Matthieu. J'ai commis un meurtre. Euh ! Deux meurtres. À Caumont. Je suis devant la gendarmerie d'Auros et il n'y a personne. Il faut que je vienne à La Réole ? ». Interrogé sur son état d'esprit, il répond simplement : « Ça va, impeccable ! ».
Une attaque violente avec un fusil de chasse
Une heure plus tôt, à Caumont, situé à environ 30 kilomètres, Matthieu Belloc a déchargé son fusil de chasse sur les deux victimes. Jérôme Pagotto, âgé de 31 ans, a succombé à trois coups de feu. Sabrina Miquelajauregui, 32 ans, a été grièvement blessée par deux tirs, lui causant l'amputation d'un bras et un traumatisme profond. Elle assiste au procès aux côtés des proches de la victime décédée.
Des relations conjugales tourmentées
Le couple s'était formé en 2010 lors d'un loto à La Réole et avait rapidement emménagé sur l'exploitation agricole familiale de Matthieu Belloc à Auros. Trois enfants sont nés de cette union, en 2011, 2013 et 2017. Cependant, des tensions sont apparues avec l'engagement de Matthieu dans le mouvement des Gilets jaunes et ses absences fréquentes pour la chasse, tandis que l'exploitation entrait en redressement judiciaire.
La jalousie et les menaces avant le drame
En 2020, Sabrina Miquelajauregui décroche un CDI d'agent d'entretien, retrouvant une vie sociale qui attise la jalousie de son conjoint. En mai 2021, elle le quitte pour renouer avec Jérôme Pagotto, un camarade de collège. Matthieu Belloc, bien qu'ayant entamé une nouvelle relation, refuse la séparation et envoie des messages menaçants à son ex, écrivant notamment : « Tant pis pour toi, tu as choisi la mort. Jérôme a intérêt à se préparer » et « Je ne te laisserai pas refaire ta vie avec qui que ce soit. Je suis capable de tuer ».
Un crime prémédité ou un coup de folie ?
La veille du crime, un incendie s'était déclaré chez Jérôme Pagotto, dont Matthieu Belloc aurait avoué être le commanditaire. Au procès, sa sœur aînée témoigne : « Jamais on n'aurait pensé qu'il passerait à l'acte. C'est un coup de folie ». Interrogée par la présidente de la cour, Marie-Noëlle Billaud, elle persiste : « Pour moi, il était amoureux de Sabrina et a pété les plombs ». Matthieu Belloc a présenté des excuses à la famille de Jérôme Pagotto, mais pas à son ex-conjointe.
Verdict imminent et enjeux judiciaires
Matthieu Belloc risque la réclusion criminelle à perpétuité pour les chefs d'accusation d'assassinat et de tentative de meurtre par conjoint. Le verdict est attendu pour le jeudi 2 avril, clôturant un procès qui met en lumière les conséquences dramatiques des violences conjugales et des passions destructrices.



