Procès de Nice : les enquêteurs décrivent la mort annoncée de Lisa Toupenet
Procès de Nice : la mort annoncée de Lisa Toupenet

Procès de Nice : les enquêteurs décrivent la mort annoncée de Lisa Toupenet

Les enquêteurs de la brigade criminelle ont retracé ce mardi la découverte du corps de Lisa Toupenet, dissimulé dans un coffre de voiture, le 1ᵉʳ janvier 2022. Un crime bien plus préparé à leurs yeux que n'a voulu l'admettre son ex-compagne, Khalid El Haddad, qui comparaît pour assassinat par conjoint.

Une scène macabre dans un parking souterrain

Le drame s'est noué dans le parking souterrain du 193 boulevard de la Madeleine à Nice. Dès la projection des premières photos, la salle d'audience a été saisie d'effroi. Le corps sans vie de Lisa Toupenet apparaissait brièvement, prisonnier d'un coffre de voiture. Sur d'autres clichés, elle était étendue sur le sol du parking où elle a rendu son dernier soupir.

Ses yeux bleus étaient clos, sa bouche entrouverte. Khalid El Haddad, père de deux de ses quatre enfants, l'a étranglée. Leur fille Inès n'a pas tenu jusqu'à la fin de l'audience et a fui la salle en pleurs. Ses trois frères regardaient fixement devant eux. Dans le box des accusés, Khalid El Haddad avait blotti sa tête entre ses mains.

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Un crime avec des actes préparatoires

Guidés par le président Ludovic Leclerc, les jurés ont plongé dans les sous-sols du 193 boulevard de la Madeleine. Photo après photo, ils ont longé ces boxes ouverts, jusqu'au dernier, là où était garée une Citroën C3. C'est dans son coffre que Khalid El Haddad a dissimulé le corps de son ex-compagne, après l'avoir tuée à bord de sa Peugeot 208.

La C3 appartenait à Anthony, l'un des jumeaux de Lisa Toupenet, issu d'une précédente union. Cela lui a valu d'être placé en garde à vue, avant d'être rapidement mis hors de cause. Les enquêteurs se sont interrogés sur la préméditation : l'accusé avait-il planifié ce scénario macabre ? S'était-il engagé à dessein dans ce parking, alors que rien ne l'y obligeait ?

La découverte du sac jaune et les aveux

Khalid El Haddad s'est rendu à la caserne Auvare le soir du crime, à 20 h 46 précisément. Deux heures plus tôt, il avait raccompagné Lisa Toupenet après un dîner entre ex-conjoints. Selon lui, des disputes auraient éclaté. Lisa lui aurait annoncé avoir rencontré quelqu'un. Il aurait vu rouge, ou plutôt « un voile noir », selon ses termes.

« On est parti sur 'meurtre par conjoint'. Mais c'est un assassinat », a martelé le major de la crim'. « Il y a eu des actes préparatoires ». L'enquêteur a évoqué le sac jaune dont Khalid El Haddad s'est débarrassé, sur une colline à l'est de Nice, près de chez lui. Le sac contenait des cordes et du ruban adhésif.

Les interrogations sur la préméditation

Les enquêteurs se sont même demandé : « Voulait-il faire du mal [à Inès], celle qui a causé sa déchéance, qui a fugué puis déposé plainte contre lui ? » Après son crime, Khalid El Haddad a conduit sa fille chez lui. Il l'a confiée à un comparse, Ayoub Belboukhari, accusé de complicité d'assassinat.

Mais la jeune femme a bravé l'interdiction de sortir. Elle venait d'apprendre la mort de sa mère et a aussitôt alerté la police. L'homicide était-il bien prémédité ? « On était dans l'hypothèse, et on a le sentiment que vous êtes toujours dans l'hypothèse », a taclé Me Julien Darras, qui défend El Haddad aux côtés de Me Benjamin Taieb.

Une certitude, pour les enquêteurs : « Elle savait que ça allait mal finir ». Si la cour retient la préméditation, Khalid El Haddad encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Les débats se poursuivent devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes, où chaque détail du drame du 1er janvier 2022 est minutieusement examiné.

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