Une situation alarmante au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone
Le syndicat FO Justice du centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone, situé aux portes de Montpellier, tire la sonnette d'alarme face à une surpopulation carcérale jamais atteinte. Dans un communiqué diffusé ce dimanche 10 mai, l'organisation syndicale dénonce une situation "historique" et réclame "la suspension immédiate et temporaire des écrous".
Des chiffres qui donnent le vertige
Conçu en 1990 pour accueillir 600 détenus dans le cadre du "plan 13 000" porté par le ministre Albin Chalandon, l'établissement s'apprête à dépasser le seuil des 1 100 personnes écrouées. "Plus de 160 détenus dorment déjà sur des matelas au sol", affirme Étienne de Sinno, le secrétaire local. "Le numerus clausus n'est plus qu'un lointain souvenir", ajoute-t-il.
La trahison des murs
À l'origine, les contrats liant l'État aux gestionnaires privés prévoyaient des clauses strictes limitant la capacité à 120 % du taux d'occupation théorique, soit 720 détenus pour 600 places. Mais les gouvernements successifs ont renégocié ces contrats pour "adapter" la gestion à la surpopulation. "Les pénalités ont été balayées. Et si les contrats ont changé, les murs de VLM, eux, n'ont jamais bougé !", déplore le syndicaliste.
Des conditions de détention indignes
Le syndicat s'inquiète des conséquences sur les conditions de détention et le travail des personnels. "Pour continuer à empiler, quelle sera la suite ? Transformer les salles d'activités en espaces de couchage ? Récupérer des locaux comme le socio, l'atelier ou le gymnase pour en faire des dortoirs ? À ce rythme, VLM finira par ressembler à un camp d'entassement plutôt qu'à une prison de la République", s'interroge FO Justice.
Le syndicat conclut : "Maintenir l'ordre, la sécurité et l'humanité dans ces conditions est devenu impossible". Il exige "la suspension immédiate et temporaire des écrous afin de ramener la population pénale à un niveau supportable pour tous".



