À l'occasion de la publication de son rapport annuel, l'association SOS Homophobie note une intensification du climat LGBTIphobe en France, à la veille de l'élection présidentielle de 2027. En 2025, 1 771 personnes ont contacté l'association pour relater des faits de violences physiques ou psychologiques liés à leur orientation sexuelle ou à leur expression de genre, soit 200 de plus qu'en 2024.
Une libération de la parole encore insuffisante
David Raynaud, coprésident de SOS Homophobie, évoque une certaine libération de la parole des victimes, tout en soulignant que cette statistique sous-estime encore largement la violence subie. « Combien sont-elles encore à taire leur souffrance ? », s'interroge-t-il, pointant la honte ou le manque de confiance dans les institutions.
Via sa ligne d'écoute téléphonique, son tchat en ligne ou son formulaire de contact, l'association a comptabilisé 992 cas de gayphobie, 371 témoignages de transphobie, 258 événements lesbophobes et 50 épisodes de biphobie. Environ un quart des personnes ont fait part de leur mal de vivre, avec des situations de fragilité psychique consécutives à des agressions.
Des agressions physiques en hausse
SOS Homophobie s'alarme du nombre d'agressions physiques recensées : 186 en 2025. Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes sont particulièrement vulnérables sur les applications de rencontre, les guets-apens homophobes représentant 4 % des événements gayphobes. 43 % des agressions physiques ont eu lieu dans l'espace public et un quart ont été commises par des membres du voisinage.
Julia Torlet, coprésidente de SOS Homophobie, note une régression du vivre-ensemble depuis 2013 et le vote de la loi sur le mariage pour tous. Elle attribue ce climat de tension à l'approche de l'élection présidentielle de 2027 et aux manquements de l'État en matière de prévention et d'accompagnement des victimes.
Un manque de moyens de l'État
L'association dénonce le retard pris par l'Éducation nationale dans la mise en œuvre du programme d'éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité (Evars). En 2023, avec le Planning familial et Sidaction, SOS Homophobie a engagé une action en justice contre l'État. Fin 2025, sa défaillance a été reconnue, mais les moyens manquent toujours. « L'État ne donne pas les moyens ni aux administratifs ni aux enseignants de mettre en œuvre le dispositif sur le terrain », déplore Julia Torlet.
Le rapport rend hommage à Caroline Grandjean-Paccoud, enseignante lesbienne qui s'est donné la mort en septembre 2025 après des années de harcèlement lesbophobe. Selon le document, 56 % des actes LGBTIphobes en milieu scolaire ont été commis par des élèves, 19 % par des enseignants et 27 % par du personnel de direction. 36 % des signalements correspondent à du harcèlement, et plus de la moitié des victimes sont mineures.



