Le journaliste et animateur Philippe Bouvard, décédé ce lundi à l'âge de 96 ans, avait révélé en 2015 avoir été la cible de l'ennemi public n°1, Jacques Mesrine. Cette confidence, faite au micro de l'émission L'Heure du crime en octobre 2015, remontait au 2 novembre 1979, jour de la mort de Mesrine, abattu par les forces de l'ordre.
Un appel du commissaire Serge Devos
Philippe Bouvard avait raconté avoir reçu un appel téléphonique alors qu'il se trouvait chez lui sur la Côte d'Azur. « J'ai entendu une voix qui me disait : "Ici, Devos", alors j'ai dit "Bonjour Raymond", comme d'habitude. Et là, il m'a dit "non, non, c'est pas le comique, c'est le commissaire Serge Devos, chef de la Brigade de répression du banditisme" », avait-il expliqué.
Le commissaire l'avait alors informé que les forces de l'ordre venaient d'abattre Jacques Mesrine une demi-heure plus tôt. Dans le veston du criminel, ils avaient découvert un plan de la villa de Bouvard au Vésinet, les numéros d'immatriculation de ses voitures et les itinéraires qu'il empruntait pour rentrer chez lui le soir.
Des chroniques « vengeresses » à l'origine du projet
À cette époque, Philippe Bouvard officiait pour France Soir. Il avait expliqué avoir consacré « deux ou trois chroniques assez vengeresses » à Mesrine pour protester contre le fait que cet ennemi public n°1, ayant publié un best-seller et maniant bien la langue française, était devenu « un maître à penser de la société française ». Selon lui, c'était « lui faire beaucoup d'honneur » et ce n'était pas « un exemple pour les jeunes ».
« J'aurais dû être son dernier client », avait-il conclu, résumant son histoire avec le criminel.
Un autre journaliste moins chanceux
Si Philippe Bouvard a échappé à l'enlèvement, un autre journaliste n'a pas eu cette chance. Jacques Tillier, contre qui Mesrine portait les mêmes griefs, avait été enlevé et grièvement blessé quelques mois plus tôt, en septembre 1979.



