Une vaste opération policière internationale, baptisée Projet Méduse, a permis de démanteler plusieurs réseaux d'agresseurs sexuels qui droguaient et violaient leurs partenaires. Coordonnée par Europol, cette collaboration transfrontalière a mobilisé les forces de l'ordre de sept pays : Allemagne, Royaume-Uni, États-Unis, Brésil, Canada, France, Hongrie, Pays-Bas et Espagne.
57 arrestations et plus de 270 nouvelles pistes
Lancée en avril 2026, l'opération a déjà permis d'identifier plus de 150 auteurs et victimes, et d'ouvrir plus de 270 nouvelles enquêtes. Au total, 57 personnes ont été arrêtées, selon les autorités. Les agresseurs utilisaient des groupes en ligne, des forums fermés et des messageries cryptées pour échanger des conseils sur la façon de droguer et violer des femmes, partager des vidéos et coordonner leurs actes criminels.
Nigel Leary, directeur adjoint de l'Agence nationale britannique de lutte contre la criminalité (NCA), a déclaré : "Les agressions sexuelles facilitées par la drogue ne sont plus un comportement isolé, mais de plus en plus organisé, perpétré via des réseaux coordonnés et facilité par des plateformes numériques, ce qui exige une réponse opérationnelle plus sophistiquée."
Des victimes souvent inconscientes de leur agression
Les enquêteurs soulignent que les victimes ignorent souvent avoir été agressées. C'est la police qui leur révèle la vérité, en constatant que ces abus sont majoritairement commis par "quelqu'un qu'elles connaissent et en qui elles ont confiance", selon la NCA. Europol a précisé que les criminels utilisent des services de messagerie cryptée, des forums et des groupes de discussion fermés pour normaliser les comportements abusifs, faciliter le commerce illégal de médicaments sur ordonnance et de stupéfiants, et coordonner des actes criminels.
Siobhan Blake, responsable des affaires de viol et d'agressions sexuelles graves au sein du Service des poursuites de la Couronne britannique, a qualifié ces abus de "parmi les plus horribles que j'aie vus de toute ma carrière. Les victimes subissent des agressions sexuelles abominables à leur domicile, ce qui constitue une violation de confiance absolue."
Des précédents judiciaires marquants
Ces dernières années, plusieurs affaires de soumission chimique ont défrayé la chronique en Europe. En France, Dominique Pelicot a été condamné à 20 ans de prison pour avoir drogué et organisé le viol de son épouse Gisèle Pelicot. En Allemagne, en 2025, Fernando P. a été condamné à 8 ans et 6 mois de prison pour des faits similaires, et partageait des vidéos de ses crimes en ligne. Au Royaume-Uni, Zhenhao Zou a été condamné à la prison à vie pour avoir violé dix femmes après les avoir droguées.
Selon Europol, cette opération est "la première du genre". Les experts estiment que les criminels adaptent constamment leurs modes opératoires, compliquant les poursuites. L'agence espère que ces collaborations permettront de mettre un terme à cette dérive qui "prospère dans le secret, en ligne et à huis clos", prévient Siobhan Blake.



