130 policiers mobilisés contre le trafic de drogue aux Prés Saint-Jean à Alès
Opération anti-drogue aux Prés Saint-Jean à Alès

Une intervention d’envergure impliquant au moins 130 policiers d’Alès, du Gard et même de Paris, s’est déroulée dès l’aube ce mardi 24 juin dans le quartier alésien des Prés Saint-Jean. Les premiers déploiements se sont réalisés dès l’aurore, vers 6 heures, avec un effectif très important de policiers ciblant un réseau bien repéré de trafic de stupéfiants. Régulièrement, les dealers étaient visibles sur des lieux bien exposés, principalement autour des rues Lavoisier et Sully-Prudhomme.

Une mobilisation exceptionnelle des forces de l'ordre

Selon une source policière, le travail sur ce réseau a débuté en novembre dernier. Ce long travail de discrétion a nécessité une alliance presque inédite à Alès de nombreux services des forces de l’ordre. Ce mardi matin, en plus des policiers nationaux du commissariat d’Alès et des effectifs de la police municipale, la présence de renforts de la SIPJ du Gard, basée à Nîmes, ainsi que des CRS, du RAID et d’un groupement d’une unité judiciaire spécialisée dépêchée depuis Paris, a été confirmée. « C’est une opération importante qui démontre le travail mené à Alès à échelle nationale dans la lutte contre ces trafics », commente-t-on dans le commissariat alésien.

Interpellations et enquête en cours

En quelques heures, les forces de l’ordre ont procédé à une importante vague d’interpellations. Au moins douze suspects identifiés sont recherchés. Selon nos informations, une dizaine de personnes a été interpellée puis placée en garde à vue dans la matinée. Certaines ont été appréhendées aux Prés Saint-Jean, d’autres dans plusieurs communes autour de la capitale des Cévennes. Le profil de ces suspects, ainsi que le bilan des saisies de stupéfiants sur place, n’ont pas encore été totalement listés. Après cette première vague, les enquêteurs étaient toujours, ce mardi, à la recherche de plusieurs suspects en fuite. Le parquet d’Alès, coordinateur dans ce dossier, attend la fin officielle de l’intervention afin de dresser un état complet des lieux, qui pourrait survenir d’ici ce jeudi 26 juin.

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Réactions politiques et contexte urbain

Alors que l’opération était toujours en cours ce mardi matin, le maire d’Alès, Christophe Rivenq, n’a pas manqué de remercier et d’acclamer le travail des policiers et des magistrats. « La sécurité et la lutte contre le trafic de drogue sont l’une de mes priorités », a-t-il également indiqué. La lutte contre le trafic des stupéfiants est effectivement un des paramètres du programme de renouvellement urbain en cours dans le quartier. Le 25 avril dernier, la grande tour de la rue Sully-Prudhomme, ancien immeuble devenu tristement célèbre pour ses historiques points de deal, disparaissait du paysage. Rasée pour, selon le maire fraîchement élu à l’époque, répondre aux besoins de renouveau pour ce quartier majoritairement populaire et régulièrement théâtre de violences : l’ouvrir « vers le centre-ville », « pacifier ce secteur » et « éviter toute dérive de commerce illicite ».

Pragmatisme judiciaire

Alors que le maire prononçait ces mots le 17 mars dernier, le même jour, le procureur de la République d’Alès, Abdelkrim Grini, confiait une vision plutôt pragmatique. Après la destruction de cette tour, « le problème se déplacera », indiquait-il. « Ce qui règle le problème, c’est la lutte contre le trafic de stups. Le parquet d’Alès et les services de police sont particulièrement attentifs aux trafics de produits stupéfiants et au narcobanditisme. » Une attention qui récolte, aujourd’hui, ses fruits. Après la fin des interpellations et des périodes de garde à vue, les suspects devraient prochainement être traduits devant la justice.

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Un combat de longue haleine

Cependant, le coup de filet ne devrait probablement pas être l’acte final de ce travail colossal mené par la justice. Quelques heures après l’opération matinale, plusieurs jeunes du quartier, « guetteurs suspectés », ont repris leurs va-et-vient dans le quartier. Postés non loin des graffitis sur certains immeubles, témoins d’un « drive » de points de deal, sur l’un d’entre eux, synonyme de provocation, sont toujours visibles les prix de chaque « consommation » disponible à la vente. La lutte contre le trafic de drogue aux Prés Saint-Jean reste donc un défi permanent pour les autorités.