Noël Godin, comique belge et célèbre « entarteur » de personnalités, est décédé dimanche 23 août à l’âge de 80 ans, a annoncé lundi sa compagne à l’AFP. Sylvie Broodthaers a confirmé à l’AFP : « Il est mort tôt dimanche matin », précisant des informations de la presse belge.
Une carrière dédiée aux tartes à la crème
Noël Godin, alias Georges Le Gloupier, s’était fait une spécialité du jet de tarte à la crème sur les personnalités qu’il jugeait trop vaniteuses. Son credo : « Entartons les pompeux cornichons ! ». L’essayiste Bernard-Henri Levy figure notamment à son tableau de chasse, avec pas moins de huit entartages revendiqués.
En 1997, il avait chargé des complices d’« entarter » le futur président français Nicolas Sarkozy, restant lui-même en retrait de peur d’être reconnu. Le milliardaire américain Bill Gates a également été victime de ses attentats pâtissiers en 1998.
De Marguerite Duras à la consécration
Né à Liège le 13 septembre 1945, Noël Godin, humoriste et journaliste de cinéma, découvre sa vocation grâce à l’écrivaine Marguerite Duras, sa première personnalité « entartée ». L’implication de la romancière française est d’abord née dans l’imagination de Godin, qui s’amuse à répandre des « faux » dans une revue belge de cinéma.
Dans ce magazine, il raconte un jour que Georges Le Gloupier, son double fictif, a entarté le cinéaste Robert Bresson. Dans un autre numéro, Marguerite Duras annonce sa décision de venger ce dernier en s’attaquant à Le Gloupier. Elle le surprend sur la terrasse du café Flore à Paris et l’entarte. Le ton est donné. Noël Godin saisit l’occasion d’une visite de Duras en Belgique pour « passer du faux au réel ». Une tarte à la crème s’écrase sur elle le 11 novembre 1969.
Un héritage assumé
« À vrai dire quand il ne sera plus là, je serai désemparé », avait-il confié en 2021 lors d’un entretien avec l’AFP, évoquant son propre départ. Il disait alors avoir entarté huit fois l’intellectuel français, sans compter les actes des assaillants qui l’ont imité à travers le monde.
La disparition de Noël Godin marque la fin d’une époque pour l’humour belge et ses actions spectaculaires, qui ont inspiré de nombreux imitateurs à travers le monde.



