L'été 2025 à Nîmes a été secoué par une escalade de violence liée au trafic de stupéfiants, avec sept fusillades recensées entre juin et juillet, faisant plusieurs blessés et deux morts. La police judiciaire (PJ) poursuit ses investigations, tandis que la justice a déjà mis en examen plusieurs suspects.
Première fusillade le 3 juin 2025
La séquence a débuté le 3 juin 2025, lorsqu'un homme a été blessé par balle alors qu'il se trouvait passager d'une Audi, près de l'avenue des Arts, non loin d'une zone de deal de Pissevin. Un individu à pied aurait ouvert le feu sur la voiture.
Fusillade du 27 juin à Valdegour
Le 27 juin, une fusillade éclate à Valdegour, place Avogadro, avec des tirs de Kalachnikov. Huit personnes sont blessées, dont certaines très grièvement, la plupart étant de très jeunes gens.
Tirs à Pissevin le 2 juillet
Le 2 juillet, des rafales sont tirées à la galerie George-Sand, à Pissevin. Aucun blessé n'est à déplorer, mais des impacts sont relevés sur un appartement et des commerces. Onze étuis de balles sont retrouvés. Sur un rideau de fer, on peut lire « Nik le Mas », référence au quartier rival du Mas de Mingue.
Nouveaux tirs le 9 juillet
Le 9 juillet vers 21 heures, à Pissevin, des malfaiteurs tirent près de la galerie Wagner et d'un point de deal. Les suspects seraient arrivés et repartis en voiture. Une victime est touchée à la main.
Un vendeur de fruits tué le 10 juillet
Le 10 juillet, une fusillade au Mas de Mingue fait un mort : un vendeur de fruits et légumes, totalement étranger aux stups, est abattu sous les regards des passants. Son agonie est filmée par des portables. Le même soir, une autre fusillade éclate dans le secteur de Nemausus : deux personnes à moto visent la devanture d'un commerce.
Blessé le 14 juillet à Pissevin
Le 14 juillet, nouvelle scène de tirs à Pissevin, près de la place Delacroix, faisant un blessé au bras.
L'affaire terrifiante de Saint-Bénézet le 15 juillet
Le 15 juillet, le corps de Yanis M., un jeune revendeur, est retrouvé à moitié calciné à Saint-Bénézet. La mort épouvantable a été mise en scène et filmée. Selon l'enquête, Yanis M. était venu vendre de la drogue sur un point de deal à Pissevin. Le réseau aurait eu des doutes sur sa loyauté, le soupçonnant à tort d'être une taupe pour le Mas de Mingue. Il a été ligoté avec du ruban adhésif, visé par des tirs presque à bout portant, puis son cadavre a été brûlé, le tout filmé.
Dernière fusillade le 17 juillet
Le 17 juillet, une séquence de tirs est entendue à Pissevin, clôturant cette série de violences estivales.
Alliances inédites et arrestations
Ces affaires, suivies par la DCOS du Gard (ex-PJ) avec parfois la DCOS de l'Hérault et la BRI, s'inscrivent dans une guerre entre narcotrafiquants du Mas de Mingue et de Pissevin. Des alliances provisoires entre le Mas de Mingue et Valdegour se seraient nouées pour prendre le contrôle du deal de Pissevin. Depuis 2024, une alliance entre le Mas de Mingue et des équipes marseillaises liées à la DZ Mafia serait également apparue.
Au total, ces fusillades et meurtres ont généré une quinzaine d'arrestations entre juillet et décembre 2025. Dans l'affaire du meurtre de Yanis M., le 9 décembre 2025, la police a lancé une vague d'arrestations avec le Raid et la BRI, aboutissant à huit arrestations dans le Gard et en région parisienne. Six personnes ont été mises en examen dans une enquête supervisée par un juge d'instruction de Nîmes, et cinq suspects ont été incarcérés. L'enquête se poursuit.



