Une cérémonie du souvenir pour les quinze Gardois pendus à Nîmes en 1944
Ce lundi 2 mars, une cérémonie sobre et recueillie s'est déroulée au carré militaire du cimetière du Pont-de-Justice à Nîmes, marquant le 82e anniversaire des pendaisons du 2 mars 1944. Cet événement tragique de la Seconde Guerre mondiale a été commémoré en présence d'une vingtaine de personnes, dont des élus et des représentants associatifs, unis dans le devoir de mémoire.
Le silence et les chants pour honorer les victimes
La cérémonie s'est tenue dans un profond silence, seulement rompu par les accents de La Marseillaise et du Chant des partisans, repris en chœur par les participants. Aucun discours n'a été prononcé, laissant place à la solennité du moment et au respect dû aux quinze Gardois exécutés. Les drapeaux ont été levés en hommage à ces victimes de l'un des épisodes les plus sombres de la guerre dans le département du Gard.
Le rappel des faits historiques
Fin février 1944, des hommes arrêtés à Driolle, Lasalle ou Ardaillès, ainsi que deux maquisards blessés extraits de l'hôpital, ont été conduits à Nîmes. Le 2 mars, quinze d'entre eux ont été pendus route d'Uzès et de Beaucaire, avenue Jean-Jaurès, sous les yeux d'habitants contraints d'assister à cette exécution destinée à terroriser la population. Au cimetière du Pont-de-Justice, une stèle commémore ces quinze victimes du nazisme, rappelant l'horreur de ces événements.
Les témoignages et l'appel à la transmission
Amal Couvreur, vice-présidente du conseil départemental du Gard, a partagé un témoignage poignant : "Pour moi, c'est une cérémonie extrêmement importante parce que ma belle-mère a vécu ce drame lorsqu'elle avait 20 ans. C'est un des rares moments qu'elle partageait avec nous de cette période de la guerre." Jean-Paul Boré, président de l'association des Amis de la fondation pour la mémoire de la déportation, a souligné l'émotion ressentie et l'importance de rendre hommage chaque année à ces personnes prises en otage par les Allemands.
Tous deux ont insisté sur la nécessité de transmettre cette mémoire, surtout dans un contexte actuel où, comme le note Amal Couvreur, "vu un certain nombre de comportements, il ne faut pas oublier à quoi conduit la haine de l'autre." Cet appel à la vigilance et au souvenir résonne avec force, rappelant que l'histoire doit servir de leçon pour les générations futures.
La présence des autorités locales
La cérémonie a vu la participation de Laurent Burgoa, sénateur du Gard, et de David Storper, président du Collectif histoire et mémoire, qui ont déposé une gerbe en mémoire des quinze Gardois pendus. Leur présence symbolise l'engagement des institutions à perpétuer le souvenir de ces événements et à honorer les victimes de la barbarie nazie.
Cette commémoration annuelle, sobre et empreinte d'émotion, sert de rappel poignant des atrocités de la guerre et de l'importance de préserver la mémoire collective pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.



