Ce mercredi après-midi, plusieurs dizaines de personnes se sont réunies au crématorium de Nîmes pour rendre un dernier hommage à Maevi Colomina, décédée à l'âge de 41 ans. Famille, proches, amis et anonymes ont accompagné la jeune femme dans un moment chargé d'émotion et de recueillement. Des photographies retraçaient des instants de sa vie : Maevi souriante aux côtés de son mari et de leur fils. Dans la salle résonnaient des morceaux choisis par ses proches, comme Love of My Life de Queen ou La Symphonie des éclairs de Zaho de Sagazan.
Des prises de parole poignantes
Au fil des discours, l'émotion a gagné l'assemblée. « Je suis un homme et j’ai honte d’être un homme », a déclaré un proche, la voix nouée. D'autres mots d'amour ont été adressés à la défunte : « Nous t’aimons aussi, on t’aime tous Maevi ». Dans un silence parfois interrompu par les sanglots, chacun est venu saluer une dernière fois la jeune femme.
Un combat pour la reconnaissance
Cette cérémonie était aussi l'occasion de rappeler le combat mené ces derniers mois par Maevi. En novembre 2024, elle avait porté plainte pour dénoncer les viols et agressions sexuelles dont elle a été victime entre 1995 et 1999, accusant son entraîneur du Nautic Club Nîmois. Son témoignage a permis à d'autres victimes de sortir du silence. L'affaire a abouti à la mise en examen de Jérôme C. en novembre 2025.
Son conjoint Olivier a confié : « Cette affaire l’a tuée. C’était une fatigue intense, une érosion, un profond mal-être lié à ce qu’elle avait vécu », tout en rappelant que son décès a été qualifié d'accidentel. « Elle avait prévu de se battre, de se soigner et d’aller mieux. » Il dénonce la longueur des procédures judiciaires et appelle les victimes à ne « jamais douter de leur légitimité ».
Un hommage coloré pour « Madame Couleur »
Les invités, tous vêtus de vêtements colorés, ont rendu hommage à « Madame Couleur ». Un choix symbolique qui s'est traduit jusque dans le cercueil rose. Olivier a souhaité que ce moment soit consacré à Maevi : « Je voulais mettre en avant sa personne, la mère de mon petit. »
Poursuivre le combat
Pour Olivier, une certitude demeure : le combat porté par Maevi ne s'éteindra pas avec elle. « Mon combat a commencé il y a un an et demi auprès de Maevi. Aujourd’hui, il est renforcé et je ne faillirai pas », a-t-il affirmé, déterminé à faire vivre la mémoire de la jeune femme.



