Nice : suppression des kits scolaires gratuits, les oppositions dénoncent
Nice : kits scolaires gratuits supprimés, tollé des oppositions

La municipalité d'Éric Ciotti (UDR) a confirmé la suppression des kits gratuits de fournitures scolaires pour la rentrée de septembre 2026 à Nice. Cette décision, qui concerne les écoles publiques et privées sous contrat, remplace la mesure exceptionnelle mise en place en 2025 par l'ancien maire Christian Estrosi (Horizons). Les oppositions municipales, de droite comme de gauche, ainsi que la CGT, dénoncent une mesure injuste et brutale.

Une décision unilatérale qui passe mal

Le groupe « Tous pour Nice, Union de la droite et du centre », mené par Philippe Pradal, a publié un communiqué virulent. « Éric Ciotti fait payer aux familles le prix d'une mesure d'économie injuste », peut-on lire. Le groupe dénonce également « le refus d'assumer devant les citoyens une décision prise de manière unilatérale, sans le moindre débat préalable au conseil municipal ni la moindre concertation avec les associations de parents d'élèves ».

En 2025, la Ville de Nice avait distribué 22 000 kits de fournitures scolaires aux élèves des écoles élémentaires publiques et privées sous contrat. Cette initiative s'inscrivait dans une politique plus large de soutien au pouvoir d'achat des familles, comprenant la gratuité des transports pour les moins de 11 ans, des tarifs maîtrisés pour la restauration scolaire et un investissement soutenu dans les écoles. Le groupe estrosiste promet une « vigilance totale » sur les crédits pédagogiques que la nouvelle majorité prétend renforcer, exigeant une « transparence absolue » sur les montants réellement injectés dans les établissements.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La gauche dénonce une « réalité de l'extrême droite »

Les quatre élus du groupe de Gauche et des écologistes qualifient cette décision de « brutale » et y voient une illustration de la politique de l'extrême droite. « Voilà la réalité de l'extrême droite lorsqu'elle accède aux responsabilités : derrière les slogans, ce sont toujours les classes populaires et les familles qui paient l'addition », déclarent-ils. Ils soulignent le paradoxe d'une mesure qui frappe les familles alors que la majorité a accordé des « cadeaux fiscaux aux propriétaires de résidences secondaires et aux investisseurs Airbnb ».

Pour ce groupe, « l'école n'est pas une variable d'ajustement budgétaire ». Ils demandent « le rétablissement immédiat de cette mesure » et insistent : « Aucun enfant ne devrait voir ses conditions d'apprentissage dépendre du revenu de ses parents. »

La CGT exige le maintien des crédits

La CGT-Educ'action 06 a également réagi avec fermeté. « On ne fait pas d'économies sur le dos des enfants », martèle le syndicat, qui « condamne la suppression des crédits de 440 000 euros que cela représente ». La CGT exige le maintien de ces crédits et leur reversement aux crédits pédagogiques des écoles, afin de garantir « un fonctionnement pédagogique satisfaisant ».

Cette suppression intervient alors que les familles niçoises font face à une inflation persistante et à une hausse des coûts scolaires. La mesure de 2025 avait été largement saluée comme un soutien concret au pouvoir d'achat. Son annulation risque de creuser les inégalités entre les élèves, selon les détracteurs de la décision.

La mairie n'a pas encore communiqué officiellement sur les raisons de cette annulation, mais des sources internes évoquent des contraintes budgétaires. Les oppositions promettent de suivre de près l'évolution du budget éducatif et de maintenir la pression sur la majorité municipale.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale