Nice intensifie sa guerre contre les rats avec un dispositif innovant et écologique
Nice déploie un dispositif écologique pour éradiquer les rats

Nice mène une offensive déterminée contre l'invasion des rongeurs

La Ville de Nice ne relâche pas ses efforts dans la guerre qu'elle mène contre les rats sur son territoire. Ces rongeurs, particulièrement actifs dans et autour de la célèbre promenade du Paillon, font l'objet d'une attention soutenue de la part du service municipal de lutte antivectorielle. Face à des signalements récurrents, notamment de parents inquiets pour leurs jeunes enfants, les autorités niçoises ont décidé d'intensifier leurs actions, en particulier dans le secteur historique du Vieux-Nice.

Une stratégie municipale renforcée et chiffrée

Anthony Borré, premier adjoint jusqu'au 27 mars 2026, dévoile l'ampleur des opérations : « Depuis le début de l'année, 961 interventions de dératisation ont été conduites sur l'ensemble de la ville ». Ces missions s'organisent selon deux modalités principales : des passages programmés trimestriellement dans les parcs et jardins, et des interventions ponctuelles en réponse à des situations critiques sur des espaces communaux. La municipalité a également consolidé ses alliances, travaillant depuis six ans en partenariat avec Régie Eau d'Azur et des prestataires externes pour des opérations ciblées, tandis que Côte d'Azur Habitat intervient simultanément sur les réseaux d'eau potable pour dératiser les infrastructures souterraines.

Le dispositif Ekomille : une arme écologique et efficace

Pour faire face à cette prolifération, Nice a récemment déployé une solution innovante : le dispositif Ekomille. Ce piège se présente sous la forme d'un boîtier équipé d'un mécanisme électromécanique et d'appâts spécifiques. Les rongeurs attirés sont capturés puis acheminés vers un réservoir d'eau mélangé à un liquide de conservation, où ils sont noyés. Ce système présente plusieurs avantages majeurs : il évite la dispersion de cadavres dans l'espace public, intègre une sécurité anti-accès garantissant l'innocuité pour les personnes et les animaux domestiques, et ne recourt à aucune substance toxique, en faisant un outil écologique.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Vingt-cinq de ces boîtiers ont été stratégiquement répartis dans les zones les plus infestées :

  • Le Vieux-Nice et le quartier Garibaldi
  • La promenade du Paillon (avec cinq dispositifs sur la section saison 1 et trois sur la saison 2)
  • Le jardin Albert-1er

Les résultats sont significatifs : en seulement six mois, ce nouveau dispositif a permis la capture de 7 596 rongeurs, dont 2 837 rien que sur la promenade du Paillon.

Adaptation continue face à la ruse des rongeurs

Conscients de l'intelligence et de l'adaptabilité des rats, les services municipaux doivent constamment innover. Un problème inattendu est apparu avec l'installation de composteurs dans les parcs et jardins, qui attiraient les rongeurs. La solution a consisté à placer des grilles métalliques sous ces bacs en bois pour empêcher l'accès au compost. Par ailleurs, les nombreux palmiers dattiers de la ville, dont les fruits suscitent l'appétit des rats, ont été équipés de cercles dissuasifs sur leurs troncs.

Mais le défi ne vient pas uniquement des rongeurs. Certains comportements humains compliquent la tâche des autorités, comme en témoigne la récente identification par la police municipale d'un nourrisseur de rats sur la promenade du Paillon, une pratique strictement interdite. Anthony Borré souligne également la nécessité de renouveler régulièrement les appâts, que les rats apprennent à déjouer, et d'agir sur les sources de nourriture accessibles, comme les locaux à poubelles mal fermés.

Une nouvelle campagne ciblée sur le Vieux-Nice

Une offensive renforcée est actuellement en cours dans le cœur historique de Nice. Cette nouvelle campagne de dératisation couvre plusieurs secteurs sensibles :

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale
  1. Les quartiers Sulzer et Pairolière
  2. Le quai Lunel et le secteur Saint-François
  3. La halle aux Herbes
  4. Les jardins Isnardi et Icart

L'objectif est d'installer trente-huit nouveaux postes d'appâtage dans les zones les plus infestées. Contrairement au dispositif Ekomille, ces postes sont garnis de produits biocides, vérifiés et rechargés mensuellement. Parallèlement, les terriers identifiés dans les squares et jardins sont systématiquement traités et obturés pour empêcher toute réinstallation.

Cette guerre contre les rongeurs à Nice illustre la complexité de la gestion urbaine face à une espèce adaptable, nécessitant une combinaison de technologies innovantes, de surveillance constante et de sensibilisation des citoyens pour préserver l'hygiène et la qualité de vie dans l'espace public.