Un conseil municipal sous tension à Floirac après la mobilisation de l'opposition
Le conseil municipal de Floirac a connu une séance particulièrement agitée ce lundi 30 mars, marquée par des échanges très tendus entre la majorité et le principal groupe d'opposition, Pour Floirac. Cette deuxième séance de la nouvelle mandature a été précédée d'un appel à mobilisation devant la mairie, auquel une dizaine de personnes ont répondu, dénonçant la majoration des indemnités des élus.
L'opposition dénonce un "scandale" et un problème d'éthique politique
Xavier Moniot-Lundy, leader de l'opposition, a vivement critiqué la fixation des indemnités du maire et de ses neuf adjoints. Dans une salle comble, il a qualifié cette décision de "véritable problème de justice sociale et d'éthique politique", pointant du doigt ce qu'il considère comme une "démonstration d'une forme de déconnexion avec les réalités économiques". Il a souligné que cette situation "contribue à renforcer le rejet à l'égard du pouvoir politique".
À Floirac, ville de 18 300 habitants bénéficiaire de la Dotation de solidarité urbaine (DSU), les élus peuvent légalement percevoir des indemnités majorées, avec un plafond brut de 3 700 euros pour le maire et 1 356 euros pour les adjoints. L'élue de La France insoumise, Acia Chabbi, a proposé que cette majoration liée à la DSU soit équitablement partagée entre tous les conseillers délégués des différentes commissions, plutôt que réservée à quelques élus.
La majorité réplique en dénonçant des "techniques de dénigrement systématique"
La majorité municipale a répondu par un long texte lu par Hélène Barbot, adjointe au maire, visant clairement l'opposition sans la nommer. Elle a déploré "une dérive inquiétante, naviguant entre l'à-peu-près permanent, la fake news et le complotisme", qualifiant les méthodes employées de "techniques de dénigrement systématique [...], outils typiques des partis les plus extrémistes et les plus populistes".
Hélène Barbot a insisté sur le fait que "les indemnités des élus sont strictement encadrées par la loi, en fonction de la taille et de la commune et de ses spécificités". Elle a rappelé que "le maire perçoit l'indemnité de droit commun depuis 2013 et ne peut pas l'augmenter", assimilant les attaques au "populisme le plus crasse". La majorité a affirmé qu'elle "ne céderait ni aux intimidations ni aux manipulations".
Le maire annonce le dépôt d'une plainte
Si la délibération concernant la majoration des indemnités a finalement été adoptée, malgré les cinq votes contre du groupe Pour Floirac et les deux abstentions de LFI, l'affaire a pris une tournure judiciaire. Le maire Jean-Jacques Puyobrau a annoncé qu'il porterait plainte ce mardi matin, visant des propos tenus sur les réseaux sociaux concernant son intégrité physique.
Lors de la séance, l'édile socialiste a appelé son conseil à des "débats paisibles et constructifs" en vue "d'une démocratie apaisée", soulignant l'importance du respect dans les échanges politiques. Cette annonce de plainte ajoute une dimension judiciaire à un conflit déjà particulièrement vif au sein de l'assemblée municipale floiraçaise.



