Le naufrage de l'Eurydice en 1970 : un drame maritime toujours mystérieux
Naufrage de l'Eurydice en 1970 : mystère persistant

Le drame oublié de l'Eurydice : un sous-marin disparu en Méditerranée

Le 4 mars 1970, deux ans après la tragédie de la Minerve, un autre sous-marin français, l'Eurydice, sombre en Méditerranée au large de Saint-Tropez, emportant avec lui cinquante-sept membres d'équipage. Ce mercredi-là, le bâtiment participait à un exercice militaire de routine, un Casex Aéro, visant à échapper à la détection radar d'un avion. Cependant, l'opération bascule rapidement en catastrophe.

Une disparition soudaine et inquiétante

Deux heures après un dernier contact, alors que l'Eurydice était en immersion périscopique, un avion Breguet Atlantic signale un silence radio anormal. Les autorités maritimes sont immédiatement alertées, déclenchant une vaste opération de recherche. Un dispositif impressionnant est déployé, incluant des avions de patrouille, des escorteurs, des dragueurs, et des bâtiments de soutien, tant français qu'italiens, pour scruter la zone au sud-est du cap Camarat.

Malgré ces efforts, les premières découvertes sont sinistres : la gabare Fourmi repère une nappe de gasoil et des débris, dont une fiche matricule portant le nom du sous-marin. L'analyse du carburant confirme qu'il s'agit bien de celui utilisé par les submersibles, avec une forte teneur en soufre. Le naufrage est alors établi, faisant cinquante-sept victimes, mais l'épave reste introuvable.

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La localisation tardive et les hypothèses sur la cause

Il faudra attendre quarante-neuf jours de recherches supplémentaires pour que l'épave de l'Eurydice soit finalement localisée et photographiée, le 22 avril 1970, par 750 mètres de fond. Cette découverte est rendue possible grâce au Mizar, un engin spécialisé de la marine américaine. Cependant, la cause exacte du naufrage demeure un mystère, alimentant des spéculations depuis plus d'un demi-siècle.

À 7 h 28 le jour du drame, les sismographes d'un laboratoire de géophysique ont enregistré une explosion en mer, mais sans fournir d'explication définitive. Deux hypothèses principales ont été avancées par les enquêteurs. La première, jugée la plus probable, suggère une collision à faible profondeur avec un cargo tunisien, le Tabarka, sur la coque duquel des traces de rayures récentes ont été observées. La seconde évoque une défaillance du gouvernail de plongée, similaire à celle suspectée dans le naufrage de la Minerve en 1968.

Contexte historique et impact médiatique

L'Eurydice, numéro de coque S644, faisait partie de la classe Daphné, une série de onze sous-marins construits pour la Marine nationale dans les années 1950 et 1960. Mis en service en 1964, il avait été visité par le général de Gaulle en 1968 pour rendre hommage aux victimes de la Minerve, ajoutant une dimension symbolique à sa disparition. Le journal Sud Ouest, dans son édition du 5 mars 1970, publie la liste complète des cinquante-sept disparus et rappelle que ce naufrage marquait le treizième sous-marin perdu en mer depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Ce drame, bien que moins médiatisé que d'autres, reste une page sombre de l'histoire maritime française, illustrant les risques inhérents aux opérations sous-marines et les défis persistants de l'enquête sur les accidents en mer profonde.

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