Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a fermement condamné ce lundi 28 juin l'exploitation politique du meurtre d'un adolescent de 15 ans, survenu vendredi à Narbonne (Aude). Lors d'un déplacement dans la commune, il a déclaré : « Il y a une tentative de récupération de l'extrême droite qui est indigne », tout en précisant que les premiers éléments de l'enquête ne confirment pas un mobile raciste.
Les faits et le déroulement de l'agression
La victime, identifiée comme Thomas, un élève de troisième, a été agressée en pleine rue vendredi soir, vers 23 heures, par plusieurs individus. Selon les sources policières, une dispute aurait éclaté pour des motifs encore indéterminés, avant de dégénérer en violences. Le jeune homme, frappé à coups de poing et de pied, a succombé à ses blessures à l'hôpital. Trois suspects, âgés de 16 à 18 ans, ont été interpellés et placés en garde à vue.
L'enquête, confiée à la police judiciaire, est en cours. Les premiers témoignages suggèrent que l'agression pourrait être liée à un différend entre bandes, mais aucune preuve d'un motif racial n'a été établie à ce stade.
La réaction de Laurent Nunez et les accusations de l'extrême droite
Laurent Nunez a souligné que « la justice fera son travail » et a appelé à ne pas instrumentaliser ce drame. Il a notamment visé les propos tenus par certains responsables politiques d'extrême droite, qui ont immédiatement évoqué une agression raciste. « C'est une exploitation de la douleur d'une famille pour des fins politiques », a-t-il ajouté.
Le ministre a également rappelé que des mesures de sécurité renforcées avaient été mises en place dans le quartier où l'agression a eu lieu, afin d'éviter tout débordement. Une cellule psychologique a été ouverte pour les élèves du collège de la victime.
Le contexte local et les tensions communautaires
Narbonne, ville de 52 000 habitants, est régulièrement le théâtre de tensions liées à la délinquance juvénile. Selon les statistiques de la préfecture, les violences entre jeunes ont augmenté de 15 % dans le département de l'Aude au cours des six derniers mois. Ce meurtre a ravivé les inquiétudes des habitants, qui réclament davantage de présence policière.
L'extrême droite locale, notamment le Rassemblement national, a tenté de politiser l'affaire, en pointant du doigt l'origine supposée des agresseurs. Le maire de la ville, Bertrand Malquier (LR), a appelé au calme et à la sérénité, tandis que le préfet de l'Aude a annoncé un renforcement des patrouilles.
Les réactions politiques et associatives
Plusieurs associations antiracistes, dont SOS Racisme, ont dénoncé « l'instrumentalisation de la mort d'un adolescent ». Dans un communiqué, l'association a déclaré : « Nous appelons à ne pas céder à la haine et à laisser la justice enquêter sereinement. » De son côté, la Ligue des droits de l'homme a exigé que les auteurs soient punis « avec toute la rigueur nécessaire ».
Sur les réseaux sociaux, des appels à des rassemblements ont été lancés, notamment par des groupuscules d'extrême droite. La préfecture a interdit toute manifestation non déclarée et a mobilisé des forces de l'ordre supplémentaires pour prévenir d'éventuels incidents.



