Ce mardi 18 août 2026, environ 200 personnes vivant dans deux campements de Roms ont été évacuées à l'est de Nantes (Loire-Atlantique). L'opération, menée par les forces de l'ordre, a débuté vers 8 heures du matin, comme le rapportent France 3 et Ouest-France. Des techniciens d'Enedis ont également été dépêchés sur place pour couper les câbles électriques.
Deux campements concernés
Le premier campement, situé au chemin du Moulin des Marais, abritait environ 150 personnes. Le second, au croisement de la rue des Chaupières et de la rue de la Papotière, comptait entre 30 et 40 personnes, selon Philippe Barbo, président de l'association Roata. Les évacuations ont été ordonnées dans la matinée, et les habitants, visiblement désemparés, ont exprimé leur détresse.
Des habitants bouleversés
Un homme, qui travaillait au moment des faits, a raconté : « Je suis allé travailler ce matin. Ma femme m'a téléphoné vers 9 h pour me dire que la police intervenait. J'ai demandé à mon patron pour rentrer chez moi. Il n'a pas trop voulu, mais je n'ai pas eu le choix. J'attends de voir, j'espère qu'il va comprendre mais je vais peut-être me faire virer. » Une mère de famille a ajouté : « Tout le monde travaille. Aujourd'hui, on n'est pas allés travailler à cause de l'expulsion. La police a terrorisé nos enfants. C'est pas normal ! Nos enfants vont à l'école du quartier. On veut rester ici. »
Une opération contestée
La Ligue des droits de l'Homme 44 et le collectif RomEurope ont vivement critiqué cette opération. Une membre a déclaré : « On le vit très mal, car l'on est derrière les rubalises des forces de l'ordre. On ne peut pas être dans l'accompagnement : bien évidemment, nous soutenons les familles. » Anne Richard a ajouté : « Cette expulsion est une punition collective : la mairie nous fait part de problèmes de violence et de délinquance, sauf que c'est à la police de faire ce travail-là. De plus, on n'est pas obligé de punir tout le monde… C'est insupportable. »



