Choro à Montpellier : une roda brésilienne chaque lundi à Boutonnet
Choro à Montpellier : la roda brésilienne du lundi à Boutonnet

Chaque lundi soir, la Roda de Choro de Montpellier anime la place devant le bar le Drapeau Rouge, à Boutonnet, réunissant musiciens amateurs et professionnels autour du choro, un genre musical d'origine brésilienne. Ce cercle musical, qui peut rassembler jusqu'à 15 musiciens à certaines périodes, offre une pause musicale régulière et ouverte à tous.

Un cercle musical spontané et fédérateur

« On est une bande de potes, pas un groupe », insiste Camille, l'un des musiciens. La « Roda » signifie cercle en portugais, et « choro », qui se traduit par pleur, désigne un genre musical populaire du Brésil. Sur la place, la bande de copains se rejoint autour d'une table et commence à jouer à deux : une guitare et une clarinette. Les habitués du bar savent qu'ils sont là tous les lundis soir, et des sourires se dessinent sur les visages. D'autres musiciens arrivent ensuite à vélo, et « on ne sait jamais combien on va être », lance Camille en souriant. Quelques minutes plus tard, ils sont déjà huit.

Une intégration par la musique et un répertoire exigeant

Plusieurs musiciens de la Roda sont d'origine brésilienne, comme Roberto, un guitariste arrivé en France il y a trois ans. « C'était une joie immense quand j'ai appris qu'il y avait une Roda de Choro à Montpellier », explique le jeune étudiant. Avec le bouche-à-oreille, des musiciens de passage viennent parfois jouer autour de la table : « Ça crée une émulsion musicale », affirme Roberto. Tout musicien est le bienvenu, qu'il soit nouveau arrivant sur Montpellier ou ancien. « Le noyau dur de la Roda de Choro est composé de musiciens professionnels », admet Camille, professeur de clarinette à côté. « On dit qu'un professionnel du choro doit connaître mille morceaux », ajoute-t-il.

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Un style complexe, entre mélancolie et joie

Si ce rassemblement est spontané, libre et fédérateur, il est difficile d'improviser. « Le Choro est un style complexe », soutient Roberto. Le genre mélange le classique européen aux rythmes des musiques du continent africain, une fusion complexe issue de l'histoire coloniale du Brésil. « On est nombreux à trouver ça compliqué quand on débute. Mais on se passionne pour le choro aussi pour ça : c'est un vrai défi », reconnaît le guitariste. Au tournant du XXe siècle, le choro s'installe dans les rues et les quartiers populaires de Rio de Janeiro. Des musiciens comme Pixinguinha contribuent ensuite à faire connaître cette musique bien au-delà de ses premiers cercles. Au fil des décennies, le genre évolue, traverse les frontières et inspire des générations de musiciens, devenant un emblème de la culture brésilienne.

Une pause thérapeutique et des rendez-vous à venir

« Choro » veut aussi dire plainte, mais les tonalités sont joyeuses. « C'est parfois une mélancolie nostalgique : c'est peut-être ça la saudade brésilienne », s'interroge Camille. Roberto le reconnaît : « jouer du Choro est une thérapie ». La Roda est une pause hors du temps pour les musiciens comme pour le public. « Quand on joue, l'ambiance devient calme sur la place », confie Camille avant d'ajouter : « on vit tous à mille à l'heure. Se poser autour d'une table et écouter une musique brésilienne, ça fait du bien ». Si la bande de copains s'arrête de jouer pour les derniers jours de l'été, ils continueront de se retrouver dès la rentrée en septembre. Une page Facebook annonce les futurs rendez-vous, et une date est déjà fixée : le 10 septembre au Beer Love Fest à Montpellier.

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