Un mythomane français convainc des policiers de démissionner pour le MI6 dans une arnaque rocambolesque
Mythomane français arnaque policiers pour le MI6

Un mythomane français sème le trouble avec de fausses promesses au MI6

Alain Jollois, un Français de 68 ans, a une fois de plus démontré son talent pour l'imposture en convainquant deux policiers et une magistrate de démissionner de leurs postes, prétendument pour travailler au MI6, les services secrets britanniques. Cette nouvelle arnaque s'ajoute à une longue liste de tromperies orchestrées par cet individu, connu pour se faire passer pour des personnalités prestigieuses afin d'exploiter ses victimes.

Une carrière d'imposteur aux multiples facettes

Les tribulations d'Alain Jollois sont nombreuses et variées. En 2002, en Dordogne, il s'était présenté comme un réalisateur de cinéma, promettant même la venue de l'actrice Julia Roberts en Périgord, une promesse qui ne s'est jamais concrétisée. Depuis, ses arnaques pourraient remplir un véritable film, dont il tiendrait le rôle principal. Il s'est fait passer pour un journaliste du Wall Street Journal, un lord écossais, et maintenant un agent du MI6, vivant systématiquement aux crochets de ceux qu'il dupe.

En novembre 2021, le journal Sud Ouest rapportait l'histoire de Sylvie, une habitante du Jura, qui s'était retrouvée dans une situation désespérée après une relation sentimentale avec Jollois. Se présentant sous le nom d'Alan Fraser of Lovat, un prétendu lord écossais et général britannique, il avait convaincu Sylvie d'avancer 80 000 euros pour loger sa famille dans un hôtel entier, promettant un remboursement via les services secrets anglais. La supercherie découverte, Sylvie s'est retrouvée sans ressources et poursuivie par les gérants de l'hôtel.

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L'arnaque du MI6 : des victimes de haut rang

Notre enquête révèle de nouveaux faits, tout aussi rocambolesques, datant de 2018. Alain Jollois, en se faisant passer pour un agent secret, a réussi à persuader trois personnes de quitter leur emploi pour être embauchées au MI6. Parmi elles, un policier national, un policier municipal de Colombes (Hauts-de-Seine), et une magistrate. Stéphane, un détective privé, a croisé leur chemin par hasard, mais malgré nos sollicitations, aucune victime n'a souhaité s'exprimer directement.

Adrien, un policier CRS de province, a été manipulé par Jollois, qui lui a expliqué demander une disponibilité de trois ans pour collaborer avec le ministère de la Défense du Royaume-Uni. Pascal, brigadier dans la police municipale de Colombes, a même obtenu un arrêté municipal le plaçant en détachement auprès du même ministère, sur la base de fausses promesses. Alain Faugeras, alors directeur de la sécurité à la mairie de Colombes, se souvient : « Pascal nous avait raconté avoir reçu une proposition pour devenir officier de liaison pour le MI6. J'ai eu le fameux recruteur au téléphone, en anglais, et ça semblait solide. »

Les conséquences désastreuses et l'impunité troublante

Lorsque la supercherie a été découverte, Adrien, Pascal et la magistrate se sont retrouvés sans revenus. Pascal, honteux, a dû travailler comme ambulancier, incapable de retrouver un poste dans l'administration publique en raison de son statut de disponibilité. Les trois victimes ont porté plainte, et l'affaire a été confiée à la PJ de Paris, spécifiquement à la brigade de répression de la délinquance astucieuse.

Un enquêteur a confié : « On a enquêté sur lui et c'est un grand malade. » Cependant, malgré les efforts, l'affaire a été classée sans suite par le parquet de Paris, faute d'infraction suffisamment caractérisée. Alain Jollois semble maîtriser l'art de flirter avec la légalité sans jamais être condamné, à l'exception d'une peine de deux ans de prison pour escroquerie à Périgueux.

Louis, une victime des années 1990, commente : « Il est intelligent et pervers ; il connaît la loi et il flirte avec. » Un expert psychiatre l'ayant examiné en 2002 avait conclu que sa personnalité psychopathique était très difficilement curable. La question demeure : jusqu'à quand continuera-t-il à sévir ?

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