Un an après la cyberattaque qui a frappé le Muséum national d'histoire naturelle (MNHN), les équipes s'organisent avec des solutions de fortune pour maintenir l'activité. Les collections, les laboratoires et les expositions fonctionnent grâce à des contournements et des priorités, mais la remise en état complète du système d'information reste lente.
Une attaque aux conséquences durables
En août 2025, le Muséum national d'histoire naturelle a été victime d'une cyberattaque d'envergure. Les systèmes informatiques ont été chiffrés, paralysant les serveurs, les messageries et les bases de données. Un an plus tard, la situation n'est pas entièrement rétablie. Selon les informations recueillies par Le Monde, les équipes techniques travaillent encore à la reconstruction des infrastructures, tandis que les scientifiques et les personnels administratifs ont dû s'adapter.
Le Muséum, qui regroupe notamment le Jardin des Plantes, le Musée de l'Homme et la ménagerie, a dû faire face à une interruption majeure de ses services numériques. Les réservations en ligne, les systèmes de billetterie et les outils de gestion des collections ont été indisponibles pendant plusieurs semaines. Les équipes ont alors mis en place des solutions de secours, comme des fichiers partagés sur des serveurs externes et des communications par téléphone.
La débrouille comme mode de fonctionnement
Dans les laboratoires, les chercheurs ont dû revenir à des méthodes plus traditionnelles. Les analyses de données, souvent dépendantes de logiciels spécifiques, ont été réalisées sur des ordinateurs personnels ou via des solutions open source. Les bases de données de spécimens, essentielles pour la recherche, ont été partiellement restaurées, mais certaines données restent inaccessibles. Un chercheur interrogé par Le Monde explique : « Nous avons perdu des mois de travail, et certaines données ne pourront jamais être récupérées. »
Les expositions, elles, ont pu rouvrir grâce à des systèmes de billetterie manuels et des caisses en espèces. Les visites scolaires, qui représentent une part importante de l'activité, sont maintenues mais avec des procédures allégées. Les équipes pédagogiques ont dû réinventer leurs parcours, en s'appuyant sur des supports papier et des animations en extérieur.
Une reconstruction lente et priorisée
La remise en état du système d'information est un chantier de longue haleine. Les équipes informatiques, épaulées par des prestataires externes, ont dû reconstruire les serveurs et les réseaux, en privilégiant les outils critiques. Selon un rapport interne, environ 70 % des systèmes sont de nouveau opérationnels, mais les 30 % restants concernent des applications métiers spécifiques, comme la gestion des collections ou les outils de recherche.
La direction du Muséum a défini des priorités : la sécurité des données, la reprise des activités de recherche et la continuité des services au public. Un plan de modernisation a été lancé, avec pour objectif de renforcer la cybersécurité à long terme. Cependant, les moyens financiers sont limités, et le Muséum doit composer avec des contraintes budgétaires.
Des leçons pour l'avenir
Cette cyberattaque a révélé la vulnérabilité des institutions culturelles et scientifiques. Le Muséum, qui avait déjà connu des incidents mineurs, n'avait pas anticipé une attaque d'une telle ampleur. Les équipes ont depuis mis en place des protocoles de sauvegarde plus rigoureux et des formations à la cybersécurité pour le personnel.
Un an après, la vie reprend progressivement son cours, mais les traces de l'attaque persistent. Les chercheurs espèrent que les données perdues pourront être partiellement reconstituées grâce à des collaborations internationales. La direction, elle, assure que la priorité est de « tirer les leçons de cette expérience pour mieux protéger notre patrimoine scientifique ». La reconstruction complète du système d'information est estimée à plusieurs mois, voire années.



