Mère de Shemseddine dénonce un abandon d'État après libération des suspects
Mère de Shemseddine : "abandon de l'État" après libération

Deux ans après le meurtre de Shemseddine, 15 ans, tabassé à mort devant son collège à Viry-Châtillon (Essonne), les deux derniers suspects encore incarcérés ont été remis en liberté ce jeudi 9 juillet 2026, en raison d'un vide juridique. La mère de l'adolescent dénonce "un abandon de l'État", selon les propos rapportés par son avocate au Parisien.

Les suspects libérés en raison d'un vide juridique

Les deux jeunes hommes, mineurs au moment des faits en avril 2024, étaient placés en détention provisoire dans l'attente de leur procès devant les assises. Cependant, depuis le 1er juillet 2026, une nouvelle disposition légale interdit le maintien en détention provisoire des mineurs de 16 à 18 ans accusés de crimes. Cette situation a contraint la justice à ordonner leur remise en liberté sous contrôle judiciaire, comme l'a rapporté BFMTV.

"Ma cliente a appris la nouvelle via des vidéos sur les réseaux sociaux", a confié l'avocate de la mère. "C'est compliqué à vivre. Elle a très peur maintenant. Elle a toujours ses deux autres enfants."

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Des conditions de libération jugées insuffisantes

Les deux suspects, désormais placés sous contrôle judiciaire, ont l'interdiction de se rendre dans l'Essonne et d'entrer en contact avec les victimes. Cependant, ils ne sont pas soumis à une obligation de pointer au commissariat, ce qui inquiète la famille. "On espère que la justice sera vigilante sur ces obligations", a ajouté l'avocate.

À cette peur s'ajoute l'incompréhension face à la qualification retenue par la justice. Les suspects ont été renvoyés devant les assises pour "coups mortels", écartant ainsi la préméditation. "Au vu des violences extrêmes, il y avait, selon nous, intention de tuer", a affirmé l'avocate, dénonçant une "hérésie".

Réactions politiques et judiciaires

Le maire divers droite de Viry-Châtillon, Jean-Marie Vilain, a publié un communiqué dénonçant une "décision de justice qui a bouleversé notre pays et meurtri une nouvelle fois une famille déjà brisée. Face aux crimes de sang les plus graves, la minorité ne peut se muer en promesse d'impunité."

Le syndicat de police SCSI a également réagi sur X (ex-Twitter) : "À Viry-Châtillon, les deux derniers suspects du meurtre de Shemseddine, 15 ans, ont été remis en liberté en raison d'un vide juridique affectant la détention provisoire des mineurs devant les assises. Cette situation rappelle l'exigence..."

Un drame qui avait ému la France

Le 4 avril 2024, Shemseddine avait été roué de coups à la sortie de son collège à Viry-Châtillon, succombant à ses blessures. L'affaire avait provoqué une vive émotion dans la ville et au niveau national, suscitant des débats sur la violence chez les jeunes et la réponse judiciaire.

La mère de l'adolescent vit désormais dans la crainte pour ses deux autres enfants, tandis que la procédure judiciaire se poursuit. L'avocate espère que la justice fera preuve de vigilance quant au respect des obligations du contrôle judiciaire.

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