Mort d'un bébé de huit mois à Perpignan : un couple jugé pour violences mortelles
Mort d'un bébé à Perpignan : un couple jugé pour violences

Un drame familial aux conséquences judiciaires lourdes

Un couple originaire de Guinée devra répondre de ses actes devant la cour d'assises des Pyrénées-Orientales en 2027, suite au décès tragique de leur nourrisson de huit mois. Les faits remontent à novembre 2023, lorsque les secours ont été alertés par le père après avoir découvert l'enfant inanimé dans leur logement.

Des lésions multiples révélées par l'autopsie

L'examen médical post-mortem a mis en lumière des blessures particulièrement graves sur le corps du petit Samuel. Les conclusions des médecins légistes sont sans équivoque : l'enfant présentait de multiples fractures aux côtes, au tibia gauche et à l'épaule droite. Des hématomes marquaient ses deux joues, du sang était présent dans ses yeux, et une morsure était visible sur son flanc droit.

Le rapport d'autopsie précise également la présence d'une hémorragie sous-durale, caractéristique typique du syndrome du bébé secoué. "Le médecin a conclu qu'il y a là tous les symptômes du bébé secoué", a déclaré la présidente d'audience lors de la lecture des conclusions.

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Des versions contradictoires et des aveux partiels

Aminata, la mère du nourrisson, maintient fermement son innocence. "Je sais que je n'ai rien fait, et que je suis innocente dans cette histoire", affirme-t-elle par l'intermédiaire d'un traducteur en langue soussou. Elle nie avoir jamais remarqué la moindre trace de violence sur le corps de son fils.

Son mari, en revanche, a reconnu certains faits au cours de l'instruction. Il a admis avoir secoué l'enfant, l'avoir pincé, lui avoir donné des coups et l'avoir mordu, expliquant ces gestes par les pleurs incessants du bébé. Lors de son dernier interrogatoire, il a précisé avoir secoué Samuel "sous le coup de la panique" après avoir constaté qu'il ne bougeait plus.

Une situation familiale et administrative complexe

Le couple avait quitté la Guinée, semble-t-il pour échapper à un mariage arrangé imposé à Aminata par sa famille. Ils avaient laissé leur premier enfant dans leur pays d'origine avant de tenter leur chance en France. Leur demande d'asile a finalement été rejetée, les plaçant dans une situation administrative précaire au moment des faits.

Depuis son incarcération, Aminata a donné naissance à un troisième enfant, une petite fille confiée à l'aide sociale à l'enfance. "Je n'ai pu la voir que trois fois seulement depuis la naissance", confie la mère, visiblement bouleversée. "Il faut vraiment que je la retrouve. Je ne peux pas quitter le pays sans elle".

Un parcours judiciaire qui se précise

L'enquête a été officiellement close en février dernier, mais le juge d'instruction n'a pas encore arrêté la qualification exacte des poursuites. La mère encourt potentiellement trente ans de réclusion criminelle pour coups mortels par ascendant sur mineur, ainsi que sept ans pour non-assistance à mineur en danger par ascendant.

L'avocat général a insisté sur la nécessité de maintenir Aminata à la disposition de la justice, soulignant que "Samuel est mort sous les coups de ses parents". La décision concernant sa demande de remise en liberté doit être rendue le 2 avril prochain.

En mars dernier, le couple a été autorisé à assister, sous escorte policière, à l'inhumation de leur fils au cimetière de Perpignan. Une cérémonie douloureuse qui marque une étape supplémentaire dans ce drame familial aux ramifications judiciaires complexes.

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