Montpellier : un commando familial passe à tabac un père et son fils dans une rixe ultraviolente
Montpellier : un père et son fils tabassés par un commando familial

Une altercation verbale qui tourne au cauchemar

Le lundi 23 février dernier, vers 22h30, une simple dispute dans le quartier Ovalie de Montpellier a basculé dans l'horreur. Ce qui devait être une discussion entre riverains de la rue de Bugarel et un groupe de jeunes de la cité Paul-Valéry s'est transformé en scène de violence extrême, mobilisant jusqu'à dix agresseurs.

L'escalade incontrôlable

Sébastien, un père de famille quadragénaire, raconte les événements avec une voix encore tremblante. Son fils de 17 ans, revenant de l'épicerie, s'est fait interpeller par sept jeunes, dont l'un était visiblement alcoolisé. L'adolescent, choqué, est remonté chez lui pour prévenir son père.

"Je connais ces loustics et pour éviter des représailles, je suis descendu pour leur dire de se calmer à l'avenir. Je n'avais pas l'intention de me battre, surtout que la plupart sont des mineurs", insiste Sébastien. Mais le dialogue était impossible. Les jeunes ont immédiatement provoqué le fils : "T'as pas honte, t'es allé chercher ton daron".

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L'intervention qui attise la colère

Sur le parvis du stade de rugby, la tension monte d'un cran. Aïfa, une riveraine témoin de la scène, excédée par la présence de ces jeunes, intervient et leur intime l'ordre de quitter les lieux. Face à leur refus, elle menace d'appeler la police. La réaction est immédiate et brutale : un violent coup de poing au visage, puis elle est empoignée par le col et poussée dans les escaliers.

Sébastien tente de s'interposer : "Tu ne la touches pas !" Mais en poussant l'agresseur, son t-shirt est déchiré et tous deux chutent sur les marches. "Les autres ont commencé à s'approcher pour me taper mais mon fils est venu me défendre. Et c'est parti en bagarre. Moi, je n'ai frappé personne, j'ai essayé de les contenir", explique-t-il.

L'arrivée du commando familial

C'est à ce moment que la situation devient dramatique. Une Audi A1 arrive à vive allure. Trois hommes en descendent : le père du jeune alcoolisé, son oncle et son frère aîné. Ils sont armés d'une batte de baseball, d'une matraque télescopique et d'une grande gazeuse. Leur cible : Sébastien et son fils.

"Quand j'ai tourné la tête, j'ai pris une droite par un des gars qui était arrivé dans mon dos puis j'ai reçu un coup de batte derrière l'oreille. La violence du coup m'a fait tomber par terre. Et là, je me suis littéralement fait lyncher à coups de pied, de poing, de matraque télescopique", décrit le père de famille.

La fuite et les gaz lacrymogènes

Miraculeusement, Sébastien parvient à s'extirper de la mêlée. "J'ai tenté de fuir mais un des jeunes m'a poursuivi et, tout en me frappant avec une matraque, il m'a gazé à bout portant. J'ai tout le torse de cramé". Selon un voisin, l'agresseur serait ensuite allé chercher une arme de poing dans sa voiture, mais l'arrivée des policiers l'a fait fuir avec le reste du groupe.

"Ça s'est joué à rien…", murmure Sébastien, encore sous le choc.

Des blessures graves et un traumatisme profond

Les conséquences de cette agression sont lourdes. Sébastien a subi :

  • Un coude cassé en mille morceaux, nécessitant deux prothèses
  • Un doigt fracturé
  • Un coquard et une oreille ayant triplé de volume
  • Des hématomes sur tout le corps

Il totalise 96 jours d'incapacité totale de travail (ITT). "Et encore, je suis costaud, je fais 106 kg, je fais du sport, je vais à la salle. Mais là j'ai dérouillé. Sans mon gabarit, je ne sais pas où je serais à l'heure qu'il est".

Le fils également violemment agressé

L'adolescent de 17 ans n'a pas été épargné. Il a reçu :

  • Un coup de matraque sur la main
  • Un coup de couteau dans le dos, lui déchirant ses vêtements
  • Une estafilade de l'omoplate jusqu'aux reins

Il compte 4 jours d'ITT. Sa mère, témoin de la scène, confie : "Je les ai vus morts tous les deux. C'était horrible". Depuis, elle a perdu 5 kg et souhaite déménager, craignant "une nouvelle agression".

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La voisine aussi menacée de mort

Aïfa, la riveraine qui avait tenté de calmer le jeu, a elle aussi frôlé le pire. Alors qu'elle tentait de regagner son domicile après son malaise, un des hommes armés d'une matraque s'est précipité vers elle.

"J'étais à bout de forces, complètement essoufflée. Et tout à coup, un des trois qui était armé d'une matraque est venu en courant vers moi. J'ai eu tellement peur que je me suis mise en position fœtale et je l'ai supplié de ne pas me frapper en lui disant que j'avais des problèmes de santé".

L'homme a levé sa matraque, mais la sirène de la police a retenti à ce moment précis. "Il m'a dit : 'T'as de la chance' et il s'est enfui. Tant à Sébastien qu'à moi, c'est la sirène des policiers qui nous a sauvé la vie !".

Un quartier sous le choc

Trois semaines après les faits, le traumatisme reste profondément ancré dans l'esprit et le corps des victimes. Cette rixe d'une violence inouïe a marqué les habitants du quartier Ovalie, rappelant la fragilité de la paix sociale dans certains secteurs de Montpellier. Les enquêteurs tentent désormais d'identifier tous les participants à cette agression collective qui frôle l'acharnement.