Pakistan : Mahrang Baloch, voix des Baloutches, condamnée à la prison à vie
Mahrang Baloch condamnée à vie au Pakistan

Le tribunal antiterroriste de Quetta, au Pakistan, a condamné la militante baloutche Mahrang Baloch à la prison à vie le 25 juin 2026. Agée de 28 ans, elle est reconnue coupable de terrorisme et d'incitation à la haine, selon l'acte d'accusation. La peine a été prononcée après un procès qualifié d'expéditif par les organisations de défense des droits humains.

Une voix pour les Baloutches réduite au silence

Mahrang Baloch, figure emblématique du mouvement pour les droits des Baloutches, était devenue la porte-parole des familles des disparus dans la province du Baloutchistan. Elle avait organisé des sit-in et des manifestations pour dénoncer les exactions des forces de sécurité pakistanaises. Sa condamnation intervient après des mois de détention provisoire, depuis son arrestation en février 2025.

Selon son avocat, Me Qadir Mandokhail, le tribunal n'a pas présenté de preuves tangibles. "C'est une décision politique visant à faire taire la dissidence", a-t-il déclaré. Les chefs d'accusation incluent le financement du terrorisme et la diffusion de propagande, des accusations que ses partisans jugent infondées.

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Réactions internationales et craintes pour les droits humains

Human Rights Watch a immédiatement condamné la sentence, la qualifiant de "grave violation de la liberté d'expression". L'organisation a appelé le gouvernement pakistanais à annuler le verdict. De son côté, la Commission des droits de l'homme du Pakistan a exprimé sa profonde inquiétude, soulignant que ce jugement pourrait décourager toute contestation pacifique.

Le Baloutchistan, région riche en ressources naturelles, est le théâtre d'une insurrection séparatiste de basse intensité depuis des décennies. Les autorités pakistanaises accusent régulièrement les militants de liens avec des groupes armés, ce que ces derniers nient. Au moins 150 personnes ont été arrêtées lors des manifestations de 2024-2025, selon des sources locales.

Un procès sous haute tension

Le procès s'est déroulé à huis clos, dans des conditions de sécurité maximales. Les observateurs internationaux n'ont pas été autorisés à y assister. Mahrang Baloch a refusé de plaider coupable, affirmant que ses actions étaient non violentes et légitimes. "Je ne reconnais pas la légitimité de ce tribunal", aurait-elle déclaré lors de l'audience, selon des sources proches du dossier.

La condamnation à la prison à vie, qui équivaut à 25 ans de réclusion au Pakistan, a été accueillie par des protestations à Quetta et dans d'autres villes baloutches. Des centaines de manifestants ont défilé, brandissant des portraits de la militante. La police a dispersé les rassemblements à coups de matraque et de gaz lacrymogène, faisant plusieurs blessés.

Conséquences politiques et diplomatiques

Cette décision risque de tendre davantage les relations entre le Pakistan et les organisations internationales de défense des droits humains. L'Union européenne a exprimé sa préoccupation, tout en évitant de condamner directement Islamabad. Le gouvernement pakistanais, par la voix de son ministre de l'Intérieur, a justifié la sentence comme nécessaire pour "préserver l'intégrité territoriale".

Pour les Baloutches, cette condamnation est un coup dur. La région connaît une recrudescence des violences, avec des attentats à la bombe et des affrontements entre l'armée et les séparatistes. En 2025, plus de 200 civils ont été tués dans des violences liées au conflit, selon des chiffres officiels. La famille de Mahrang Baloch a annoncé son intention de faire appel, mais les chances de succès sont minces, selon les experts juridiques.

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