Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a remis une lettre au ministre de la Justice Gérald Darmanin jeudi 4 juin, dénonçant une « sous-dotation structurelle persistante » de la justice dans sa ville. Il réclame des moyens d'urgence, notamment la création d'une juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) pour lutter contre le narcotrafic.
Des postes vacants et des retards judiciaires
Dans son courrier, Michaël Delafosse souligne que quatre postes de magistrats du siège et trois du parquet restent vacants au tribunal de Montpellier, auxquels s'ajoutent dix à douze greffiers manquants. Cette situation entraîne des retards dans la mise en état des dossiers, la tenue des audiences et l'exécution des décisions de justice. Le maire établit un lien avec l'affaire Lyhanna, pour laquelle une enquête administrative doit déterminer si le principal suspect a échappé à la justice faute de moyens.
Une JIRS pour Montpellier ?
Michaël Delafosse réitère sa demande de création d'une Juridiction Interrégionale Spécialisée (JIRS), un dispositif créé en 2004 pour lutter contre la grande criminalité, le narcotrafic et le blanchiment d'argent. La France en compte actuellement huit : Paris, Lyon, Marseille, Lille, Rennes, Bordeaux, Nancy et Fort-de-France. La précédente demande de Montpellier avait été rejetée au profit de Marseille. « Montpellier est aujourd'hui l'une des villes les plus touchées de France par le narcotrafic », argue Delafosse, citant les règlements de comptes, les trafics structurés et les réseaux criminels implantés durablement.
Le ministre de la Justice, en visite à la prison de Béziers, a reçu la lettre mais n'a pas encore répondu. Reste à savoir si Montpellier obtiendra gain de cause face à la pression du narcotrafic.



