Lundi 30 juin 2026, à 20 h 58, une violente explosion a retenti au Sun's Palace, situé au 4 rue révérend-père Louis-Frolla à Monaco. L'engin explosif, dissimulé dans un colis déposé sur les marches de l'immeuble, a soufflé le hall d'entrée et l'escalier, provoquant un vif émoi dans la Principauté. Trois personnes – un homme, une femme et un adolescent – ont été grièvement blessées et transportées vers deux établissements hospitaliers de Nice.
Le procureur général écarte la piste terroriste
Lors d'une conférence de presse tenue mardi 1er juillet à midi, le procureur général de Monaco, Stéphane Thibault, a qualifié l'acte de tentative d'assassinats, écartant formellement l'hypothèse d'un attentat terroriste. « En l'état des éléments dont je dispose, il ne s'agit pas d'un attentat qualifiable de terroriste », a-t-il martelé. Une enquête de flagrance a été ouverte pour tentative d'assassinats et dépôt sur la voie publique de substances ou engins explosifs. Une information judiciaire devrait être ouverte d'ici mercredi.
Un acte ciblé visant une famille ukrainienne
Selon le ministre d'État Christophe Mirmand, « l'auteur présumé des faits repère les lieux et surveille la famille qui est visée par cette tentative d'assassinats ». Il a insisté sur le caractère ciblé de l'acte, affirmant qu'il ne s'agissait pas d'une tentative de déstabilisation de la Principauté. Les trois victimes sont identifiées comme étant Vadim Ermolaev, 58 ans, l'une des plus grosses fortunes d'Ukraine, sa compagne de 46 ans et leur fils de 13 ans. Selon le procureur, l'homme est un résident monégasque depuis 2021, sans antécédents judiciaires à Monaco. La femme, dont les jambes ont été en partie arrachées, est dans un état critique. « Son état de santé inspire la plus grande inquiétude », a précisé Christophe Mirmand.
Le suspect en fuite, un mode opératoire qui interroge
L'auteur présumé, un homme seul, a déposé le colis sur les marches de l'immeuble avant de fuir à pied vers Beausoleil. Repéré par les caméras de vidéosurveillance, il a été vu marchant d'un bon pas, un sac sur l'épaule, le visage dissimulé par un bob sombre, vêtu d'un haut noir, d'un short et de baskets blanches. Sa trace a été perdue dans une impasse à Beausoleil. Il était toujours activement recherché mardi soir par les polices monégasque et française. Le mode opératoire – un colis piégé contenant de la visserie – laisse les enquêteurs perplexes. En Ukraine, les médias évoquent la thèse d'un règlement de compte lié à une « arnaque au call center » de 100 millions d'euros, orchestrée par l'un des fils d'Ermolaev. Aucune piste n'est exclue.
Sécurité renforcée et coopération franco-monégasque
À la suite de l'attentat, la sécurité a été renforcée aux entrées de la Principauté, avec une présence dissuasive de fonctionnaires armés de fusils aux entrées Est et Ouest, ainsi qu'une surveillance accrue de la frontière Nord vers Beausoleil. Le ministre d'État a sollicité des moyens mobiles supplémentaires auprès du ministère de l'Intérieur à Paris. Par ailleurs, le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a ouvert une enquête « miroir » pour association de malfaiteurs et transport et utilisation d'explosifs, confiée au service interdépartemental de police judiciaire des Alpes-Maritimes. Une quarantaine de gendarmes et deux hélicoptères ont participé à la traque du suspect dans la nuit de lundi à mardi. Le parquet national antiterroriste a également proposé son concours, même si la qualification terroriste est pour l'instant écartée.
Un précédent en 2004
En 2004, une bombe avait explosé devant le stade Louis-II, sans faire de victime. Cette affaire n'a jamais été élucidée. L'attentat de lundi est le plus grave depuis lors, et la Principauté reste sous le choc.



