Paris s'apprête à vivre une journée de mobilisation sociale ce mardi, avec plusieurs corps de métier appelés à défiler dans les rues de la capitale pour défendre leur pouvoir d'achat et obtenir davantage de moyens pour accomplir leurs missions. Électriciens et gaziers, policiers, enseignants-chercheurs : les revendications sont multiples et convergent vers une même exigence de reconnaissance et de moyens.
Les électriciens et gaziers défendent leur tarif préférentiel
Dans le secteur de l'énergie, la mobilisation vise à marquer l'opposition à une remise en cause du « tarif agent », un avantage en nature qui fait partie intégrante de la rémunération des électriciens et gaziers. Le gouvernement réfléchit en effet à revoir ce dispositif, indiquant avoir reçu « une mise en demeure de la Cour des comptes » de se « mettre en conformité sur la valorisation de cet écart […] entre ce tarif et la valeur réelle de l'énergie », selon le ministère de l'Énergie. Cette question devrait être tranchée dans un arrêté ministériel.
Ce tarif préférentiel, composante historique du statut des électriciens et gaziers, concerne quelque 140 000 salariés du secteur, ainsi que près de 160 000 retraités des entreprises issues des opérateurs historiques EDF et GDF (dont Engie, Enedis, GRDF, etc.) et d'autres entreprises, notamment des distributeurs locaux d'énergie.
Dans un rapport publié mi-juillet, la Cour des comptes estime que ce tarif agent a coûté « de plus de 700 millions d'euros en 2024 » pour le groupe EDF. Elle affirme que ses bénéficiaires « acquittent désormais moins de 2 % des tarifs moyens de l'électricité ou du gaz payés par les consommateurs ». Un chiffre contesté par certains syndicalistes, qui évoquent un tarif autour de 10 % de celui que payent en moyenne les ménages.
Les policiers d'Alliance réclament des mesures salariales et des moyens
Le syndicat Alliance Police nationale appelle également à la mobilisation ce mardi. Le parcours de la manifestation, qualifié de « symbolique », reliera l'avenue des Champs-Élysées à l'Assemblée nationale. Les revendications portent sur des mesures salariales et une augmentation des moyens.
Parmi les demandes, Alliance réclame la prime voie publique pour les CRS et certaines unités de la police aux frontières, des corrections pour la prime investigation, un statut spécifique pour les policiers scientifiques, ainsi que « un peu de mesures salariales et de la vraie considération pour les collègues travaillant en préfectures », a mentionné le secrétaire général adjoint Loïc Travers.
Les enseignants-chercheurs en première ligne avant le 29 septembre
Dans l'enseignement supérieur et la recherche, cette journée constitue un premier round avant la grande journée de mobilisation nationale prévue le 29 septembre. Une large intersyndicale appelle à une journée nationale de mobilisation contre le sous-financement chronique de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche publique, la dégradation des conditions d'étude et de travail, et les mesures qui fragilisent l'accès de toutes et tous à l'enseignement supérieur.
L'intersyndicale estime qu'il manque au minimum 8 milliards d'euros à l'enseignement supérieur et 8 milliards à la recherche publique. Cette mobilisation intervient dans un contexte de forte tension budgétaire, alors que le gouvernement cherche des économies dans de nombreux secteurs.
La journée de mardi pourrait ainsi donner le ton des prochaines semaines, avec une convergence des revendications salariales et de moyens dans plusieurs secteurs clés du service public. Les annonces attendues, notamment sur le tarif agent et les mesures salariales pour les policiers, seront scrutées de près par les syndicats.



