Nice : la mémoire de l'attentat du 14-Juillet 2016 entre deuil et histoire
Mémoire de l'attentat de Nice : entre deuil et histoire

Dix ans après l'attentat du 14-Juillet 2016 à Nice, la mémoire de cette tragédie se trouve « quelque part entre deuil et histoire », analyse Jean-Pierre Barbero, directeur de la Villa Masséna et commissaire d'un parcours commémoratif dédié. La statue « L'Ange de la baie », installée sur la Promenade des Anglais depuis l'été 2022, en est la manifestation la plus visible. Ce jour-là, 86 personnes ont perdu la vie et 458 autres ont été blessées par un camion-bélier.

Un parcours commémoratif pour les dix ans

Le musée municipal de Nice présente un « parcours commémoratif des dix ans de l'attentat », qui ne pose pas de questions mais commémore par les faits historiques et les gestes symboliques. Le visiteur y découvre les premières dépêches de l'AFP, les Unes de Nice-Matin, et le souvenir du concert hommage de Calogero un an après l'attentat. À 22h34, le chanteur entonne « Les Feux d'artifice » avant de craquer, submergé par l'émotion. Des mots, lettres, peluches et attentions déposés sur le kiosque à musique rappellent la chapelle ardente.

La mémoire vivante dans la ville

La mémoire habite aussi la ville, explique Barbero : « chacun de nous en porte un morceau ». Lors des matchs à domicile de l'OGC Nice, les supporters scandent à la 86e minute « Daesh, Daesh, on t'enc… ». Un hommage répété au Stade de France en mai dernier, en finale de Coupe de France contre Lens. Chaque 14-Juillet depuis 2017, 86 faisceaux lumineux remplacent les feux d'artifice. Ce mardi, en présence d'Emmanuel Macron, 2.016 drones et 86 faisceaux lumineux illumineront le ciel à 22h34.

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La Promenade des Anglais, un lieu de mémoire et de vie

Franck Fernandes, journaliste à Nice Matin et auteur du documentaire « 10 ans », témoigne : « La Prom' a été un endroit presque inapprochable pendant quelque temps. Pour certains, cela a été une semaine, d'autres sont partis de Nice ; moi je n'ai pas pu rouler à scooter dessus pendant deux mois. Mais aujourd'hui, elle est bien habitée, bien vivante et on l'aime même un peu plus. »

Le choix du lieu mémoriel fut complexe : il fallait un endroit visible depuis la Promenade mais permettant aux familles de se recueillir sans revivre le traumatisme. Le jardin de la Villa Masséna s'est imposé comme solution. Cultiver cette mémoire est « à la fois positif et complexe », conclut Barbero. « Il ne s'agit pas de se réveiller chaque matin en 2016, mais de prendre le temps de la réflexion et de regarder ce que l'on veut pour demain. »

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