MMA : un coach interdit d'exercer après des violences sur des enfants à Villeurbanne
MMA : un coach interdit pour violences sur enfants

« T’as mal ? ! Non ! Il suffit de retenir ses émotions ! ». Sur une vidéo publiée sur X le 27 avril dernier, le coach de MMA Yom Yidikes crie sur une jeune enfant à qui il vient de donner un violent coup de pied dans le torse et qui laisse couler des larmes. La scène se déroule dans le club de cet entraîneur, à Villeurbanne, près de Lyon. Avant elle, d’autres enfants, alignés, avaient reçu des coups, chacun leur tour. Une semaine après la publication, les images cumulent 1 million de vues et des centaines de commentaires, entre indignation et soutien de cette « méthode à la dure ».

Des enfants en danger selon les associations

« Des enfants sont en danger », affirme Arnaud Gallais, cofondateur de Mouv’enfants, une association de lutte contre toutes les formes de violence faites aux enfants et aux adolescents, auprès de 20 Minutes. « Les mineurs sont frappés avec une telle intensité qu’ils reculent de plusieurs mètres sous l’impact », pointe-t-il, dénonçant « une mise en scène de la violence sur enfants ». En regardant le reste des contenus publiés sur les comptes TikTok et Instagram du coach, il a découvert des images « d’enfants humiliés, contraints de se mettre à genoux pour boire de l’eau, soumis à des mises en situation dégradantes et contraires à toute éthique éducative et sportive ». Face à ce constat, il a lancé une pétition pour exiger l’ouverture d’une enquête sur les pratiques de Yom Yidikes. En quatre jours, elle a été signée par près de 9 000 personnes.

Des méthodes condamnées par la fédération

Depuis plusieurs jours, la polémique enfle et de nombreux articles sont sortis pour parler des méthodes de Yom Yidikes. Interrogé par France 2, Lionel Brezebin, responsable du MMA au sein de la fédération française de boxe, a affirmé que les images « démontraient une pédagogie qui n’était pas du tout adaptée ». Pour lui, il faut un « apprentissage ludique, sans violence ». « On limite les contacts sur le public jeune, qui est un public en pleine construction et en pleine constitution », a-t-il indiqué. Il note que sur les vidéos, il n’y a pas « d’intention de blesser mais d’effectuer un geste impressionnant » envers les enfants. Il fait également savoir que le coach n’a pas de qualification fédérale, n’est pas licencié et n’a jamais été licencié à la fédération. « Et la structure dans laquelle il est n’est pas non plus affiliée à la fédération », a-t-il précisé.

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Le coach se défend

Face à toutes ces critiques, Yom Yidikes s’est défendu à travers plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux. Dans l’une d’elles, il a rappelé qu’il accueille des enfants « à partir de 7 ans » dans sa salle. Pour lui, « les jeux ludiques » ne permettent pas à un jeune « de se défendre ». Il a également affirmé que le MMA est « un sport de contact » dans lequel « on ne peut pas échapper à la douleur ». Enfin, il a indiqué que les vidéos qu’il partageait sur Internet sont des « mises en scène » de « 30 secondes sur un entraînement d’une heure et demie » et que « les parents assistaient aux séances ». Lors d’un reportage de BFM, deux d’entre eux ont témoigné de leur soutien envers ces méthodes et ce coach suivi par plus de 725 000 personnes sur TikTok.

« Qu’on puisse encore défendre l’idée que de frapper un enfant au thorax à coups de pied est ''éducatif'' ou ''sportif'' est tout simplement intolérable, lance de son côté Arnaud Gallais. Rien, absolument rien, ne justifie la violence physique sur un enfant. Ni la recherche de performance, ni la discipline, ni la culture du sport de combat. »

Des faits pas nouveaux

Ce n’est pas la première fois que cet entraîneur fait parler de lui. En novembre 2025, c’est lui qui avait asséné un violent coup de pied dans le plexus d’Inoxtag lors du Stream for Humanity. Quelques semaines plus tard, la députée Marie-Charlotte Garin était alertée de ces méthodes jugées beaucoup trop brutales, notamment envers des enfants, et avait interpellé le procureur de la République.

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Ce mercredi, la préfecture du Rhône a annoncé à 20 Minutes avoir pris un arrêté pour interdire à Yom Yidikes d’exercer pour une durée de six mois. La décision des services de l’État fait référence à la vidéo publiée sur X, soulignant « la force des coups de pied et de poing portés à des pratiquants mineurs immobiles au niveau du torse de l’abdomen et des côtes et les projetant à plusieurs mètres » et les « pleurs de certains enfants engendrés par les coups ». « Des agissements qui ne sont pas conformes à ce qui est attendu d’un éducateur sportif », précise l’arrêté.