Le procureur de la République d'Alès, Abdelkrim Grini, a qualifié ce vendredi 17 juillet de "palier inquiétant" les menaces de mort adressées au maire de la ville, Christophe Rivenq, dans un contexte de lutte contre le trafic de stupéfiants. Une enveloppe contenant deux cartouches de calibre 9 mm et des inscriptions injurieuses a été découverte jeudi soir au domicile de l'élu, déclenchant une enquête judiciaire.
Une enquête en cours, des analyses poussées
La police technique et scientifique (PTS) est intervenue dès jeudi soir pour effectuer les premiers relevés. L'enveloppe et les inscriptions font l'objet d'analyses approfondies. "Les investigations se poursuivent ; pour le moment, il est trop tôt. Nous travaillons à identifier les auteurs de ces propos menaçants", a déclaré le procureur Grini, insistant sur la gravité du dossier.
Un contexte de pression criminelle
Selon le magistrat, ces menaces interviennent dans un territoire "malheureusement gangrené par le trafic de stupéfiants". Le parquet, la police nationale et la police municipale mènent une action coordonnée contre les points de deal depuis plusieurs mois. Plusieurs réseaux ont été démantelés, avec des centaines d'interpellations depuis le début de l'année. Récemment, une saisie de 4,5 kg de résine de cannabis a été réalisée lors d'une opération judiciaire.
Abdelkrim Grini estime que Christophe Rivenq est directement visé en raison de son rôle dans cette stratégie : "Je pense que le maire subit ces violences en raison du rôle qu'il joue actuellement, en partenariat avec le parquet et la police nationale, dans la lutte contre le trafic de stupéfiants et de l'aide qu'il peut nous apporter."
Un palier inquiétant mais pas de recul
Le procureur a souligné que le passage à l'acte marque "un palier inquiétant", mais il exclut tout recul des autorités. "Cela ne doit absolument pas remettre en cause notre détermination à continuer de lutter contre le trafic de produits stupéfiants, bien au contraire", a-t-il affirmé. Il a ajouté : "On s'autorise à menacer des personnes qui font leur travail, avec un sentiment d'impunité. Cela est sincèrement inadmissible."
Le préfet du Gard condamne et renforce les forces de l'ordre
Le préfet du Gard, Jérôme Bonet, a également condamné les menaces dans un communiqué publié ce vendredi. Il a apporté son soutien à l'élu et à ses proches, tout en réaffirmant la mobilisation des services de l'État. Il précise que "les forces de l'ordre sont mobilisées et renforcées à Alès pour identifier et mettre hors d'état de nuire les auteurs sous l'autorité du Procureur de la République, et assurer la sécurité des habitants." Le communiqué conclut que "la détermination des services de l'État dans la lutte contre le narcotrafic est totale."



