Suisse : un médecin étrangle sa compagne pendant son sommeil, l'affaire classée sans suite
Médecin étrangle sa compagne en dormant, affaire classée

Suisse : un médecin étrangle sa compagne pendant son sommeil, l'affaire classée sans suite

La justice suisse a pris une décision surprenante dans une affaire d'homicide survenue dans l'Oberland zurichois. Un médecin généraliste de 87 ans, soupçonné d'avoir étranglé sa compagne de 82 ans en septembre 2024, ne fera l'objet d'aucune poursuite pénale. Les autorités judiciaires ont estimé que sa responsabilité pénale ne pouvait être engagée en raison d'un trouble du sommeil rare qui aurait aboli tout contrôle de ses actes au moment des faits.

Une nuit tragique et un appel aux secours

Les événements remontent à une nuit de septembre 2024. Vers 3 heures 30 du matin, l'homme de 87 ans contacte les services d'urgence, affirmant que sa compagne ne respire plus. À leur arrivée, les pompiers ne peuvent que constater le décès de la femme âgée de 82 ans. L'autopsie réalisée ultérieurement conclut à une mort par manque d'oxygène consécutive à une strangulation.

Le suspect est rapidement placé en garde à vue. Face aux enquêteurs, il déclare ne garder aucun souvenir des événements de cette nuit tragique. Il explique qu'à son réveil, sa partenaire "n'avait plus de pouls et ne respirait plus". Une enquête pour homicide volontaire est alors ouverte, mais les investigations ne révèlent aucun mobile apparent.

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Un couple uni sans antécédents de conflit

Le couple est décrit par son entourage comme particulièrement uni, sans le moindre antécédent de conflit ou de violence. La victime, âgée de 82 ans, était engagée dans la vie associative locale et participait activement à diverses œuvres caritatives. Son compagnon, quant à lui, continuait d'exercer comme médecin généraliste malgré son âge avancé et intervenait régulièrement comme médecin-conseil pour l'organisation d'aide au suicide Dignitas.

L'absence de mobile et le profil irréprochable du couple ont rapidement compliqué le travail des enquêteurs. Aucun élément ne permettait d'expliquer pourquoi un homme de 87 ans, sans histoire, aurait soudainement décidé de tuer sa compagne de longue date.

L'expertise psychiatrique qui change tout

Le tournant décisif de l'affaire intervient avec la réalisation d'une expertise psychiatrique approfondie. Des proches du suspect évoquent alors des comportements nocturnes inhabituels : des gestes brusques et incontrôlés pendant son sommeil, parfois à l'origine de blessures légères. Ces témoignages, rapportés par le média BeoBachter début mars 2026, orientent les investigations vers des troubles du sommeil méconnus.

L'expert psychiatre conclut que l'homme souffre d'un trouble rare du sommeil paradoxal (REM), une pathologie qui pousse les personnes atteintes à agir physiquement leurs rêves, parfois avec violence. Selon le rapport d'analyse, l'octogénaire aurait agi cette nuit-là "sans contrôle de la réalité, sans conscience de l'illégalité de son acte et sans capacité de se maîtriser".

Une décision de justice exceptionnelle

Sur la base de cette expertise médicale déterminante, la justice suisse a estimé que la responsabilité pénale du médecin ne pouvait être engagée. La procédure a donc été classée sans suite en décembre 2025, une décision non contestée qui est devenue définitive.

Malgré l'absence de condamnation pénale, l'homme n'échappe pas à toutes les conséquences de son acte. Il doit payer plus de 30 000 francs suisses de frais de procédure, a perdu définitivement son droit d'exercer la médecine et doit désormais dormir seul. Son entourage a été alerté de sa dangerosité potentielle pendant son sommeil.

Un cas extrêmement rare selon les experts

Interrogé par le média BlueWin, le médecin légiste Frank Urbaniok a souligné l'extrême rareté de ce type de cas. Selon ses déclarations, seuls quelques cas comparables ont été recensés en plusieurs décennies de pratique, et aucun n'avait jusqu'ici abouti à une issue mortelle.

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Ce trouble du sommeil paradoxal, bien que rare, représente un véritable défi pour la justice qui doit concilier la gravité des actes commis avec l'absence totale de contrôle conscient de la personne atteinte. La décision des autorités suisses illustre la complexité de tels dossiers médicaux-légaux où la frontière entre responsabilité pénale et pathologie médicale devient particulièrement ténue.