Mauriac : des élus nettoient eux-mêmes un appartement insalubre
Mauriac : des élus nettoient un appartement insalubre

« On n’est pas au bout de nos peines. » Émilie Baillet, la maire de Mauriac, commune de 230 habitants au cœur de l’Entre-deux-Mers, ne cache pas une certaine colère, comme elle l’écrit sur la page Facebook du village. En mars, elle a enfin pu rentrer dans un logement loué par la commune. Dans l’appartement de 60 m², le nombre de canettes de bière était tel qu’il n’était plus possible de voir le sol.

« On ne pouvait pas ouvrir la porte »

L’ancien occupant, parti « depuis quelques années » mais dont la mère continuait de payer le loyer en espérant son retour, souffrait visiblement d’alcoolisme et du syndrome de Diogène. La mairie avait découvert l’état du logement il y a un an et demi, alors que les élus avaient obtenu l’autorisation d’y entrer pour réaliser un diagnostic de performance énergétique (DPE). « On ne pouvait pas ouvrir la porte », raconte la maire.

« On fera nous-mêmes »

Une procédure d’abandon pour rompre le bail et pouvoir enfin nettoyer le logement est alors lancée. Elle a abouti fin mars. « Rien que pour débarrasser, c’était 8 000 euros », rapporte Émilie Baillet. Hors de question d’en faire supporter le coût aux habitants, alors les élus ont décidé de se retrousser les manches en cette fin mai. « On en a eu pour quatre jours de boulot. » Un travail colossal, à la mesure de la quantité de déchets : « Dans le tombereau, ils en avaient jusqu’aux genoux. »

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« On en a eu pour quatre jours de boulot »

Un devis a maintenant été lancé pour le nettoyage, mais la maire anticipe le même écueil financier : « Je pense qu’on le fera nous-mêmes. » Elle a déjà commencé à se renseigner sur les produits ménagers professionnels pour éliminer la crasse accumulée. « L’objectif est de le remettre en location. » Et profiter du levier que représentent pour la commune ses six logements en location, conventionnés avec le Siphem (Syndicat interterritorial pour la maîtrise de l’énergie et de l’habitat) : « On a par exemple trois enfants qui y logent, pour nos écoles, ce n’est pas rien. » Mais ce ne sera pas encore la fin de la galère pour l’équipe municipale, raconte la maire. « Il y a aussi une cave en sous-sol, dans laquelle il y a des sacs-poubelle à hauteur d’homme. »

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