Matoug condamné à 27 ans pour le meurtre et le démembrement de sa femme
Matoug condamné à 27 ans pour meurtre et démembrement

Lakhtar Matoug, 49 ans, a été condamné ce mercredi 10 juillet à 27 années de réclusion criminelle par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône pour le meurtre et le démembrement de son épouse Assia, âgée de 43 ans, en 2018 à Marseille. Le verdict, assorti d'une période de sûreté des deux tiers, a été rendu après quatre jours d'audience.

Un crime commis en 2018

Le corps d'Assia Matoug avait été retrouvé le 5 novembre 2018 dans une valise abandonnée dans un conteneur à poubelles du quartier de la Belle-de-Mai, à Marseille. L'autopsie avait révélé qu'elle avait été tuée par strangulation avant d'être démembrée. Son mari, Lakhtar Matoug, avait été interpellé quelques jours plus tard.

Au cours du procès, l'accusé a reconnu les faits mais a évoqué un contexte de violences conjugales et de tensions au sein du couple. Il a déclaré : « Je demande pardon à toute la famille d'Assia. Je suis rongé par la culpabilité. » Ces propos ont été rapportés par plusieurs médias présents dans la salle d'audience.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un verdict salué par les parties civiles

L'avocat des parties civiles, Me Jean-Pierre Garbacziak, a salué une décision « juste et proportionnée ». Il a souligné que la peine reflétait la gravité des faits et la souffrance endurée par la famille de la victime. « Ce verdict permet à la famille de tourner une page douloureuse, même si rien ne pourra ramener Assia », a-t-il ajouté.

De son côté, l'avocat de la défense, Me Henri Leclerc, a indiqué que son client n'interjeterait pas appel, acceptant sa peine. « Lakhtar Matoug est un homme brisé qui assume ses actes. Il ne cherche pas à minimiser sa responsabilité », a-t-il déclaré.

Un féminicide de plus dans les statistiques

Ce meurtre s'inscrit dans la triste série des féminicides en France. Selon le ministère de l'Intérieur, 121 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2018, année du crime. En 2022, ce chiffre était de 118. Les associations féministes dénoncent régulièrement l'insuffisance des mesures de protection des victimes de violences conjugales.

Le procès a également mis en lumière les failles dans le suivi des plaintes pour violences conjugales. Assia Matoug avait déposé plusieurs plaintes contre son mari, mais aucune n'avait abouti à une protection effective. La cour a souligné ce contexte dans ses motivations.

Les réactions des associations

Plusieurs associations de lutte contre les violences faites aux femmes ont réagi au verdict. « Cette condamnation est une reconnaissance de la gravité des faits, mais elle ne doit pas faire oublier les défaillances du système », a déclaré la présidente de l'association « Ni putes ni soumises ». Elle a appelé à une meilleure formation des forces de l'ordre et à un suivi renforcé des plaintes.

Le parquet avait requis 30 ans de réclusion criminelle. La cour a donc prononcé une peine légèrement inférieure, mais avec une période de sûreté de 18 ans. Lakhtar Matoug devra également suivre un suivi socio-judiciaire après sa libération, avec une injonction de soins.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale