Un dentiste exerçant à Marseille a été condamné ce lundi 6 juillet 2026 à quatre ans de prison, dont deux ans ferme, pour une vaste escroquerie à la Sécurité sociale. Le préjudice est estimé à 2,6 millions d'euros, selon le tribunal correctionnel de Marseille.
Des actes fictifs facturés pendant des années
Le praticien, âgé de 52 ans, a été reconnu coupable d'avoir facturé à l'Assurance maladie des actes dentaires qui n'ont jamais été réalisés. Entre 2018 et 2024, il a notamment inscrit des soins de prothèses et de chirurgie buccale pour des patients qui ne les avaient pas reçus. Certains patients ont même affirmé ne jamais s'être rendus au cabinet.
Selon l'enquête menée par la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) des Bouches-du-Rhône, plus de 10 000 actes frauduleux ont été identifiés. Le dentiste utilisait un logiciel de gestion pour générer de fausses factures, parfois en copiant les noms de patients réels.
Un système organisé avec la complicité d'une assistante
L'escroquerie a été mise au jour en 2024, lors d'un contrôle de routine de la CPAM. Les investigations ont révélé que l'assistante dentaire du cabinet était complice : elle validait les actes fictifs dans le système informatique en échange d'un partage des gains. Elle a été condamnée à 18 mois de prison avec sursis et à une amende de 10 000 euros.
Le dentiste, de son côté, devra rembourser l'intégralité des sommes détournées, soit 2,6 millions d'euros. Il lui est également interdit d'exercer la profession dentaire pendant cinq ans.
Des victimes collatérales et un préjudice pour la collectivité
Lors de l'audience, plusieurs patients se sont constitués partie civile. Certains ont exprimé leur sentiment de trahison. "Je lui faisais confiance, il me soignait depuis dix ans. Apprendre qu'il a fraudé sur mon dos, c'est un choc", a déclaré l'un d'eux.
Le procureur de la République a souligné la gravité des faits : "Cette fraude massive porte atteinte à la solidarité nationale. Chaque citoyen cotise pour la Sécurité sociale, et ce dentiste a détourné des fonds qui auraient dû servir à soigner des patients."
Une condamnation exemplaire selon la CPAM
La CPAM des Bouches-du-Rhône s'est félicitée de cette condamnation. "C'est un signal fort envoyé aux professionnels de santé qui seraient tentés par la fraude. Nous renforçons nos contrôles et notre coopération avec la justice", a indiqué son directeur dans un communiqué.
Le dentiste, qui a fait appel de la décision, reste en détention provisoire. L'affaire a relancé le débat sur la lutte contre la fraude sociale, qui représenterait plusieurs milliards d'euros chaque année en France.



