Un hommage poignant pour Camélia, victime de harcèlement scolaire
Ce dimanche 25 janvier, plus de 2 000 personnes se sont rassemblées devant le lycée Honoré-de-Balzac à Mitry-Mory, en Seine-et-Marne, pour une marche blanche en mémoire de Camélia, une adolescente de 17 ans qui s'est suicidée le 13 janvier en gare de Mitry-Claye. La foule, composée de familles et d'élèves, a rendu un dernier hommage à la jeune fille, dont la famille affirme qu'elle était victime de harcèlement scolaire depuis décembre.
Les mots déchirants de la famille
Lors de la cérémonie, l'oncle de Camélia a pris la parole pour implorer la prise de conscience face au harcèlement. "Les mots des enfants étouffés par le silence des adultes finissent par tuer", a-t-il déclaré, soulignant que sa nièce subissait quotidiennement des insultes, des brimades et des humiliations. Il a également critiqué la réponse de l'établissement, affirmant que la mère de Camélia avait "appelé à l'aide" sans recevoir de soutien.
Sur une banderole, on pouvait lire "Ensemble contre le harcèlement scolaire", tandis qu'une autre, de la FCPE 77, portait le message "Un mot peut blesser, un mot peut sauver". La marche a débuté à la gare de Mitry-Claye, où Camélia a mis fin à ses jours, et s'est poursuivie vers le lycée.
Un appel à briser le silence
L'oncle de la victime a lancé un appel vibrant à la foule : "Je lance un appel au calme mais certainement pas un appel au silence, car face au harcèlement, se taire, c'est laisser mourir". Il a insisté sur l'importance de ne pas minimiser ces situations, ajoutant que "ajouter un 'mais', c'est déjà y participer".
Il a également évoqué le prochain anniversaire de Camélia, qui aurait eu 18 ans ce week-end, décrivant comment elle avait préparé sa fête. "C'est elle qui nous offre un cadeau, un cadeau à toutes les victimes de harcèlement scolaire, c'est un espace d'écoute", a-t-il affirmé, espérant que ce drame puisse sensibiliser davantage.
Les réactions institutionnelles
Dans un communiqué publié mardi, le procureur de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, a appelé à la prudence dans les accusations publiques, notamment envers le proviseur du lycée, actuellement en retrait. Cet appel intervient dans un contexte où la famille accuse ouvertement l'établissement de ne pas avoir agi suffisamment.
La marche s'est conclue par le lâcher de ballons blancs en mémoire de Camélia, tandis que sa mère, tenant un portrait de sa fille unique, a prononcé quelques remerciements émouvants. Cet événement souligne l'urgence de renforcer la lutte contre le harcèlement scolaire en France.



