Lyon : la préfecture saisit la justice après des saluts nazis lors de l'hommage à Quentin Deranque
Lyon : saluts nazis lors de l'hommage à Deranque, la justice saisie

Une marche sous haute tension à Lyon

Environ 3 200 personnes se sont rassemblées à Lyon pour rendre hommage à Quentin Deranque, le militant d'extrême droite radicale tué une semaine plus tôt. Si le cortège s'est globalement déroulé dans le calme sous la surveillance d'un important dispositif policier, plusieurs incidents graves ont été constatés, poussant la préfecture du Rhône à annoncer qu'elle allait saisir la justice.

Des gestes et propos répréhensibles filmés

La préfecture a précisé que des saluts nazis ainsi que des insultes racistes et homophobes avaient été détectés lors de cette marche. Ces actes ont été repérés sur des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. « Deux personnes au moins ont été vues faire des saluts nazis », a indiqué un porte-parole de la préfecture.

Conformément aux instructions du ministre de l'Intérieur, la préfète Fabienne Buccio signalera « au procureur de la République tous les gestes et propos répréhensibles » identifiés. Des cris tels que « À bas les bougnoules ! Les PD ! » ont été entendus en bordure du cortège, rapidement stoppés par un membre du service d'ordre qui a prévenu : « Les gars, y'a les caméras ! ».

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Des réactions politiques et des dénégations

Manuel Bompard, coordinateur de La France Insoumise, s'est interrogé sur X : « Comment le ministre de l'Intérieur et la préfecture ont pu autoriser une manifestation dans laquelle on fait des saluts nazis et on scande des slogans homophobes ? ». De son côté, Aliette Espieux, organisatrice de la marche, a déclaré sur BFM TV condamner fermement de tels actes si jamais ils avaient eu lieu, arguant que sur une vidéo qui lui avait été communiquée, les militants effectuaient un simple clapping.

Cependant, les images montrent distinctement un homme, de dos, dont le bras droit levé à deux reprises ne prête à aucune équivoque. Son voisin lui fait d'ailleurs baisser le bras, un geste qui n'aurait pas lieu s'il s'agissait du clapping pratiqué par l'ensemble de l'assistance. Au moins un autre homme, vêtu de noir, a été filmé effectuant un salut nazi au sein du cortège.

Un service d'ordre controversé et la présence de figures d'ultra-droite

Le service d'ordre, très présent, avait pour consigne d'écarter toute personne ne respectant pas les règles établies, notamment l'interdiction de toute manifestation politique, à la demande expresse des parents de Quentin Deranque. Pourtant, de nombreux journalistes ont témoigné avoir été empêchés de filmer, le service d'ordre les tenant éloignés du cortège et intervenant souvent pour bloquer leurs prises de vue.

Par ailleurs, de nombreuses figures d'ultra-droite étaient présentes lors de cette marche. Le quotidien Libération a relevé la présence de plusieurs personnalités condamnées pour violences, propos négationnistes ou antisémites, comme Alexandre Gabriac, président des jeunesses nationalistes et adepte du salut nazi, ou encore Marc de Cacqueray-Valmenier, figure du GUD et dirigeant d'un groupe de hooligans néonazis dissous en 2021.

Contrairement aux consignes de la préfecture recommandant l'absence de visages cagoulés, de nombreux manifestants dissimulaient leur visage avec des cagoules, des masques et des lunettes noires. La marche s'est achevée au lieu où Quentin Deranque, âgé de 23 ans, avait été roué de coups par des militants d'ultragauche le 12 février, avant de succomber à ses blessures.

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