Lozère : 12 mois avec sursis pour violences sur sa compagne et son fils
Lozère : 12 mois avec sursis pour violences conjugales

Jeudi 3 septembre 2026, le tribunal judiciaire de Mende a condamné un agriculteur brionais de 39 ans à douze mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans pour des violences commises sur sa compagne et son fils. Les faits, survenus dans la nuit du 26 au 27 avril 2026 à Brion (Lozère), ont été jugés en audience correctionnelle.

Une nuit de violences sous les yeux d'un enfant de 7 ans

Ce soir-là, une dispute éclate entre le prévenu, en état d'ivresse, et sa compagne de l'époque. L'homme chasse brutalement la femme de son domicile, puis la repousse à plusieurs reprises alors qu'elle insiste pour rentrer. Finalement, la mère de famille monte dans sa voiture avec leur fils âgé de sept ans pour s'enfuir et se réfugier auprès de sa belle-famille.

C'est alors que le prévenu devient « fou », selon le terme employé par le petit garçon lors de son audition quelques heures après l'incident. Il tambourine très fort à la fenêtre du véhicule. Pris de panique, l'enfant ouvre sa portière, et son père l'attrape violemment par les poignets pour le faire sortir. Il empoigne également sa compagne par le cou et lui donne « deux torgnoles », toujours selon les mots de l'enfant, avant de la menacer : « Je vais vous flamber. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des excuses et des regrets à la barre

En garde à vue, le prévenu réfute ces faits. À la barre, il met plusieurs longues secondes avant d'articuler : « Je ne sais plus trop ce qui s'est passé. Je ne comprends pas comment ça a éclaté. » Il explique avoir simplement « demandé » à sa compagne de sortir de la maison, ce que conteste l'avocate du jeune garçon : « Il nuance la scène ! Il l'a expulsée du domicile et est incapable de l'admettre. »

Le prévenu finit par reconnaître : « Je ne voulais pas qu'ils partent, c'est pour ça que je l'ai prise par le cou. Je le regrette énormément. J'ai mal agi, je le sais. Tous les dimanches soir, quand je les vois partir, c'est un crève-cœur », confie-t-il en pleurant. Le couple, en relation depuis treize ans, ne vivait pas ensemble, la victime n'ayant jamais pu rejoindre son compagnon en Lozère en raison de ses autres enfants. Une situation que l'agriculteur connaissait depuis le début, mais qui était source de tensions : « Il lui met la pression pour qu'elle vienne habiter avec lui », balaie l'avocate de son ex-compagne.

Des victimes traumatisées et des réquisitions fermes

Le casier judiciaire du père de famille est vierge, mais son ex-compagne avait déjà signalé des faits similaires. « Ma cliente est sous emprise depuis des années. Elle trouvait des excuses à son compagnon. Mais cette nuit-là, elle a compris autre chose : elle a compris que son fils aussi était en danger », plaide son avocate. Les deux avocates décrivent les troubles accumulés par les victimes depuis l'incident : un « état anxieux et psychotraumatique durable, une perte de poids, de l'anxiété, etc. » pour la mère, des « réveils nocturnes, une phobie de la douleur, etc. » pour le fils.

La procureure de la République, s'appuyant sur des chiffres, rappelle l'importance du phénomène des violences conjugales, un « fléau » dans notre société. « La cellule familiale ne doit pas être un lieu où naissent les souvenirs sombres », déclare-t-elle tandis que la victime tremble. Elle requiert le retrait total de l'autorité parentale du prévenu, outre les douze mois de prison assortis d'un sursis probatoire de deux ans avec exécution provisoire.

La décision du tribunal

L'avocat de la défense, Me Alain Dibandjo, fait de la paternité le point central de sa plaidoirie : « Vous devez juger un homme, mais aussi un père. Ces actes sont d'une gravité certaine, mais de là à priver un enfant de son père… Laissons le temps au temps de réparer. » L'avocate de la plaignante réplique : « Il ne verse aucune pension pour son fils. »

Le mis en cause écope finalement de douze mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans. L'autorité parentale ne lui est pas retirée, mais puisqu'il lui est interdit d'entrer en contact avec son ex-compagne, il devra saisir le juge aux affaires familiales pour faire fixer les modalités lui permettant de revoir son enfant.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale