Un jeune homme âgé de 20 ans a été interpellé ce dimanche 5 juillet aux abords du centre pénitentiaire de Toulon-La Farlède alors qu'il s'apprêtait à effectuer une livraison de colis « par projection », a-t-on appris à l'audience du tribunal correctionnel. Le prévenu a été intercepté par une équipe locale de sécurité pénitentiaire (ELSP), une unité chargée de la surveillance des abords de la prison. Il se trouvait au volant d'une Renault Twingo appartenant à son père et n'a pas tenté de se soustraire au contrôle, met en avant son avocat, Me Bertrand Pin.
Des ballots de stupéfiants et des sandwichs saisis
Dans cette voiture, neuf ballots ont été mis au jour de même qu'un sac contenant « beaucoup de sandwichs », résume la présidente de la chambre des comparutions immédiates qui l'a condamné ce mercredi 8 juillet à 18 mois de prison ferme. Téléphones, câbles de charge… Un total de 740 grammes de résine de cannabis conditionnée sous la forme de barrettes et de plaquettes a également été saisi ainsi que deux pochons de cocaïne (2,2 g). Une vidéo enregistrée sur le smartphone du vingtenaire a permis de lui imputer une précédente livraison. « C'était pour leur montrer que le travail était fait », a expliqué le prévenu qui indique avoir agi pour le compte de commanditaires non identifiés.
Un livreur sous la menace
Lorsqu'il a été entendu par les gendarmes, le jeune homme a expliqué qu'il s'agissait de personnes rencontrées en détention. Les instructions étaient communiquées via une application de messagerie. « J'étais menacé, j'avais peur, donc je l'ai fait », reconnaît-il face aux juges qui ont noté que ces livraisons devaient lui rapporter 300 euros. « J'ai peur des représailles, l'argent je m'en fous, c'est pas un problème […] Je devais signer un CDI dans la restauration lundi… »
Une peine cumulée de trois ans de prison
« Maintenant que vous avez une dette, ils vont vous demander quoi ? Vous allez aller jusqu'où "par peur" ? Quand on commence à mettre le doigt dans cet engrenage, c'est difficile d'en sortir… », le tance le procureur Raphaël Balland. Ce « livreur » était sous le coup d'une condamnation à deux ans de prison, dont la moitié avec sursis, pour son implication dans un trafic de stupéfiants dans le Vaucluse. Après quelques semaines passées derrière les barreaux, il devait bénéficier d'une détention à domicile avec un bracelet électronique. « J'avais rendez-vous le 6 août… » À cette peine d'un an ferme qu'il devra vraisemblablement purger sans aménagement et aux 18 mois prononcés à la suite de la tentative de livraison de stupéfiants à la prison de La Farlède, le tribunal a ajouté la révocation de son sursis à hauteur de six mois.



