Le président américain Donald Trump a subi un nouvel échec judiciaire dans sa tentative de contrôler le Kennedy Center de Washington D.C. Jeudi, un juge de district de la capitale fédérale a enjoint l'institution culturelle de prévenir la justice 30 jours à l'avance avant toute modification majeure, y compris une démolition, comme le rapporte The New York Times. Cette décision intervient alors que le locataire de la Maison-Blanche, mécontent de ne pas voir son nom apposé sur la façade du bâtiment, envisageait de détruire le centre plutôt que d'accepter cet affront.
Un « ego démesuré » dénoncé par Barbra Streisand
La communauté culturelle américaine s'est émue de cette situation, avec en tête la légende du cinéma et de la musique Barbra Streisand. Le 17 septembre, sur son site, elle a dénoncé un « ego démesuré » qui met en péril une institution culturelle majeure. La lauréate des EGOT (Emmy, Grammy, Oscar, Tony) a qualifié les récentes évolutions de « révoltant » et « douloureux ».
Streisand a rappelé que « le Congrès a adopté une loi désignant le Centre culturel national comme un mémorial vivant » en 1964, « au lendemain de l'assassinat choquant du président John F. Kennedy ». Selon elle, ce choix est « tout à fait approprié, car il était un véritable défenseur des arts ». Honorée en 2008 par l'institution, elle témoigne de son « indignation en voyant cette institution vénérée devenir l'objet d'une lutte aussi acharnée autour du nom d'un seul homme et de son ego démesuré ».
Un mémorial vivant menacé
L'artiste estime que le président Kennedy lui-même aurait probablement voulu que ce lieu puisse « interpeller, inspirer, provoquer et rassembler les Américains grâce au pouvoir transformateur des arts ». Elle se dit « révoltée et peinée » par les récentes évolutions, à commencer par cette bâche que le président Trump a installée pour ne pas souffrir l'absence de son nom au pinacle.
Ce nouvel épisode, digne de la cour de récréation, dans lequel Donald Trump, faute de pouvoir s'approprier un joujou, préfère le démolir, pourrait prêter à sourire. Sauf que l'objet convoité n'est autre que le prestigieux Kennedy Center, un symbole culturel national.
Un appel à voter aux élections de mi-mandat
Barbra Streisand conclut son message par un appel : « Une raison de plus pour que les Américains exercent leur droit de vote aux prochaines élections de mi-mandat ! » La chanteuse lie ainsi la défense de l'institution à la participation électorale, alors que les mid-terms se profilent.
La décision du juge de district de Washington impose désormais au Kennedy Center de notifier la justice 30 jours à l'avance avant toute modification majeure, y compris une démolition. Cette mesure vise à préserver l'intégrité du bâtiment et à empêcher toute action précipitée de l'administration Trump. L'institution, qui accueille des spectacles de renommée mondiale, reste sous la protection de la justice, au grand soulagement de la communauté artistique.



