Une mobilisation exemplaire des jeunes sapeurs-pompiers à Aiguillon
Dans la ville d'Aiguillon, treize jeunes sapeurs-pompiers du Tonneinquais arpentent les rues durant tout le week-end pour venir en aide aux habitants sinistrés par les récentes inondations. Leur mission : déblayer, trier et nettoyer les maisons touchées par la montée des eaux du Lot et de la Garonne.
Bayron, 12 ans, et ses camarades en première ligne
Bayron, âgé de seulement douze ans, pousse avec énergie un balai-raclette sur la terrasse d'une maison inondée. Ce samedi 21 février, il s'est levé aux aurores pour enfiler son uniforme de jeune sapeur-pompier et participer à sa première mission de ce type. « On fait le tour des maisons, on propose nos services… C'est important, cette solidarité, dans ce contexte », explique-t-il.
Aux côtés de Mila, Lili, Thibault, Inès et d'autres jeunes engagés, Bayron nettoie, charge et range sans relâche. Ils sont treize à s'activer dans la maison d'Agnès, située à quelques mètres du Lot, dans l'avenue de Lattre-de-Tassigny. L'objectif est clair : sortir les meubles abîmés, l'électroménager et divers objets, afin de pouvoir passer le jet dans la maison submergée par la boue laissée par les eaux.
Une aide cruciale pour les sinistrés
Inès, quinze ans, souligne l'importance de leur action : « On ne peut pas rester les bras croisés. C'est important pour nous d'aider. D'autant plus que beaucoup ont peu de moyens ici ». Sous la supervision attentive de leur responsable Grégory Clin, ces jeunes sapeurs-pompiers sont peu loquaces mais extrêmement efficaces. « On est là pour faire le "gros œuvre" », résume l'un d'eux.
Cette aide salutaire permet aux sinistrés de commencer à se remettre en selle, tandis qu'une solidarité exemplaire réchauffe les cœurs de ceux qui sont encore loin de voir le bout du tunnel. Agnès, la propriétaire de la maison, exprime sa profonde reconnaissance : « C'est très dur. Il ne faut pas négliger qu'il y aura un état de choc. Et malgré tout, on observe de magnifiques initiatives ».
Le contexte des inondations dévastatrices
Samedi dernier, après la rupture d'une digue, les eaux du Lot et de la Garonne ont envahi le salon, la salle de bains, la cuisine et le garage d'Agnès. Une semaine plus tard, il ne reste plus que les traces de ce passage dévastateur. Le jardin et la piscine demeurent noyés. « C'est ma première crue. Jeudi matin, j'avais de l'eau jusqu'aux chevilles, puis elle a grimpé. Petit à petit », raconte-t-elle.
Résiliente, Agnès a observé la montée des eaux comme un ballet de danse. « C'est magnifique, la force de la nature. Il n'y avait plus de bruit. Que le chant des oiseaux, le calme, et les ragondins qui vagabondaient. J'ai été stupéfaite. J'ai bien compris que nous n'aurons jamais le dernier mot face à la nature. Nous avons des choses à apprendre de cette crue. Et à retenir ».
Garder le positif malgré l'épreuve
Âgée de quarante-sept ans, Agnès souhaite garder le positif de cette inondation, qui a pourtant condamné nombre de ses effets personnels et ceux de ses quatre enfants. « Cela nous oblige à revoir notre attachement aux choses », confie-t-elle. Elle remercie chaleureusement les jeunes sapeurs-pompiers venus lui prêter main-forte, ainsi que ses voisins et des citoyens qu'elle ne connaissait pas il y a quelques jours.
Trois sinistrés ont tendu la main à Agnès samedi. Et elle-même, malgré ses difficultés, se rend régulièrement au gymnase du stade Louis-Jamet, à Aiguillon, où sont encore logés une quarantaine de sinistrés sans perspective de retour chez eux. « C'est important d'y aller, de les faire sourire. Cette solidarité aide à dédramatiser », assure-t-elle. « Oui, je garderai quand même un beau souvenir de cette épreuve ».



