Le Comité international d'Auschwitz a accueilli avec satisfaction l'annonce de l'ouverture par la Suisse du dossier concernant le criminel de guerre nazi Josef Mengele. Le Service fédéral de renseignement suisse a indiqué au début du mois de mai qu'il allait lever le sceau de confidentialité qui protégeait ces documents depuis 80 ans, sans toutefois préciser de date exacte.
Le parcours de Josef Mengele
Josef Mengele (1911-1979) était un médecin de la Waffen SS. Affecté au camp d'extermination d'Auschwitz, en Pologne occupée, il sélectionnait les déportés pour les chambres à gaz. On estime à 1,1 million le nombre de personnes mortes à Auschwitz, dont environ un million de Juifs. Surnommé l'Ange de la Mort, il choisissait aussi des prisonniers, principalement des enfants et des jumeaux, pour des expériences médicales sadiques, avant de les envoyer à la mort.
La fuite après la guerre
Après la Seconde Guerre mondiale, Mengele changea d'identité. Il obtint des documents de voyage de la Croix-Rouge au consulat suisse de Gênes, en Italie, et s'enfuit en Amérique du Sud. Il vécut en Argentine, au Paraguay et au Brésil, sans jamais être capturé, contrairement à Adolf Eichmann, arrêté par le Mossad en 1960. La Croix-Rouge, qui délivrait ces documents aux personnes déplacées, a reconnu que des nazis en avaient profité et a présenté ses excuses.
Les détails de l'ouverture des archives
Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) a précisé que le dossier avait été constitué par le Service de police du Ministère public de la Confédération, puis remis aux Archives fédérales suisses en 2001. Selon le média suisse Le Temps, l'accès aux documents ne sera pas total. Le Blick rapporte que le Comité international d'Auschwitz se félicite de cette décision.
Christoph Heubner, vice-président exécutif du Comité, a déclaré que pour les survivants, le nom de Mengele glace encore le cœur. Il a déploré que ces documents soient rendus publics à une époque où les criminels nazis sont présentés comme des héros sur les réseaux sociaux. Le nom de Mengele, associé à l'idéologie nazie de haine et d'antisémitisme, acquiert un attrait bizarre pour les extrémistes de droite dans de nombreux pays.



