Yass Naubelle, une influenceuse française de 30 ans domiciliée à Marseille et d'origine algérienne, a été condamnée à un an de prison ferme par le tribunal correctionnel de Marrakech, lundi 22 juin 2026, pour avoir accusé la police marocaine de corruption dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. L'information a été rapportée mardi par la presse locale marocaine.
Arrestation à l'aéroport de Marrakech
La jeune femme, connue sous le pseudonyme « Yass Naubelle », a été arrêtée le 13 juin 2026 à l'aéroport de Marrakech alors qu'elle s'apprêtait à embarquer pour un vol à destination de la France. Elle a été placée en détention provisoire en attendant son jugement, selon les médias locaux.
La procédure judiciaire a été déclenchée après la publication d'une vidéo sur TikTok dans laquelle l'influenceuse accusait les policiers marocains « d'arrêter même les filles (...) pour rien » et « de chercher à gratter de l'argent » lors de contrôles routiers. Elle critiquait également la conduite « dangereuse » des Marocains à Marrakech, affirmant que les Algériens conduisaient mieux.
Des propos jugés outrageants
Dans la vidéo incriminée, Yass Naubelle avait déclaré : « Je tiens à m'excuser auprès de mon peuple, le peuple algérien. Quand je dis que vous ne savez pas conduire, j'ai vu pire que vous. Le peuple marocain, c'est une dinguerie, les gars ». Ces propos ont été considérés comme outrageants par la justice marocaine.
Selon le site d'information Medias24, l'influenceuse a été condamnée à un an de prison ferme ainsi qu'à une amende de près de 190 euros (2 000 dirhams). Elle était formellement accusée de « diffusion et publication d'allégations et de faits mensongers dans le but de porter atteinte à la vie privée de personnes ou de les diffamer » et d'« outrage à un organisme institué par la loi ».
Possibilité d'appel
La loi marocaine prévoit que Yass Naubelle peut faire appel de cette décision dans un délai de dix jours. L'influenceuse, qui cumule 20 000 abonnés sur TikTok, reste pour l'instant incarcérée.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre l'Algérie et le Maroc, les deux grands rivaux de la région du Maghreb. Les relations sont particulièrement crispées autour du dossier du Sahara occidental, territoire non autonome selon l'ONU, où un conflit oppose depuis 50 ans Rabat aux indépendantistes du Polisario, soutenus par Alger.



