Depuis la nuit du 10 juillet dernier, les locataires de l'ancien couvent situé rue du Carré-du-Roi à Montpellier sont interdits d'accès à leurs logements et cabinets professionnels en raison d'un risque d'effondrement après un incendie. L'agacement des occupants ne faiblit pas, près de six semaines après le sinistre.
Un arrêté municipal maintenu depuis plus d'un mois
L'incendie s'est déclaré dans un studio situé sous les combles du bâtiment. Depuis, un arrêté municipal interdit strictement de pénétrer dans l'immeuble, jugé menaçant de s'effondrer par un expert mandaté par la Ville. Les occupants, qu'ils soient habitants ou professionnels, n'ont pu récupérer aucun de leurs biens ou documents.
"On est informé de rien, ils ont l'air de se moquer de ce sujet", s'exaspère l'avocat Marc Gallix, dont le cabinet était situé au premier étage de l'immeuble. Ce juriste n'a pas pu récupérer ses dossiers nécessaires au bon déroulement de ses audiences. "Le problème est que l'on continue à travailler sans dossier", ajoute-t-il, inquiet : "J'ai des procès aux Assises qui commencent dès septembre."
Des professionnels contraints de déménager ou d'être hébergés
Lorsqu'il a compris qu'il ne pourrait probablement pas réaménager avant plusieurs mois, Marc Gallix a pris la décision de déménager au plus vite dans de nouveaux locaux. Le kinésithérapeute François Bourgeois, spécialisé dans le cancer du sein, est quant à lui toujours sans cabinet de consultation. "Je suis hébergé par des confrères et consœurs qui sont en vacances, mais ça ne pourra plus durer en septembre", se soucie le praticien.
"On est toujours empêché de déménager", résume-t-il, soulignant l'impossibilité de récupérer son matériel et ses dossiers médicaux. Il a vu des patientes partir au fil des semaines. "Certains cas nécessitent une prise en charge très régulière, je ne peux pas leur en vouloir de partir", déplore François Bourgeois.
Des pertes financières conséquentes et l'attente d'étais
Les deux professionnels affirment avoir perdu entre un tiers et la moitié de leur chiffre d'affaires depuis l'incendie. "On attend que le syndic de la copropriété fasse poser des étais pour maintenir le bâtiment", explique le kinésithérapeute. Contacté, le syndic n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet.
L'incendie, survenu dans la nuit du 10 juillet, a laissé les locataires de l'ancien couvent dans l'incertitude la plus totale, sans perspective de retour à court terme et sans accès à leurs biens.



