Le tribunal correctionnel de Béziers a condamné, ce jeudi 30 juillet, un Paulhanais de 36 ans à une peine de dix-huit mois de prison ferme. L’homme comparaissait en audience de comparution immédiate pour une série de huit cambriolages commis au préjudice de services techniques municipaux dans le centre de l’Hérault, entre le 8 avril et le 27 juillet. Il a été interpellé la veille, mercredi 29 juillet, par la brigade de gendarmerie de Pézenas, après avoir été identifié lors de l’enquête.
Un homme déjà connu pour quatre vols
Le prévenu, intérimaire dans le bâtiment à Clermont-l’Hérault, n’a pas contesté les faits depuis le box. Dès la première question du président du tribunal, il a répondu : « Je reconnais l’ensemble des faits, oui. J’avais une dette de 10 000 € de stupéfiants et je voulais la rembourser grâce à ça, parce qu’on m’a menacé, moi et ma famille. Je visais les ateliers municipaux car je ne voulais blesser ou faire peur à personne. »
Cet homme, déjà condamné à quatre reprises pour des vols, a expliqué avoir utilisé sa voiture comme un bélier pour fracturer les portails des ateliers. À l’intérieur, il s’emparait de disqueuses, perceuses, roto fils, souffleuses, taille-haies et caisses à outils. Les communes touchées sont Usclas-d’Hérault, Saint-Pons-de-Mauchiens, Fontès, Lézignan-la-Cèbe, Plaissan, Campagnan, Lacoste et Nébian. Dans cette dernière, le préjudice a été estimé à plus de 25 000 €.
Un butin revendu à bas prix
Le butin était ensuite écoulé à des prix très inférieurs à sa valeur. « Je vendais tout ça à un prix dérisoire pour rembourser au plus vite. Par exemple, un roto fil qui valait 2 500 €, je le revendais 150 € », a détaillé le prévenu, qui a décrit une dette de 10 000 € liée à des stupéfiants et des menaces pesant sur sa famille.
Le président du tribunal a alors souligné qu’il faudrait « beaucoup travailler pour rembourser les mairies ». L’homme a répondu qu’il pouvait « mettre en place un échéancier », ajoutant avec une pointe d’ironie : « vous n’allez pas sauter mon portail pour me demander de l’argent ». Le président a acquiescé : « Ça, c’est vrai monsieur. »
Des communes mises à l’arrêt
Les répercussions de ces vols dépassent le simple préjudice matériel. La représentante de la mairie de Lézignan-la-Cèbe, invitée à s’exprimer, a décrit une situation de « chômage technique pour tous nos agents qui ne peuvent plus travailler ». Elle a précisé que les travaux de la maternelle seraient réalisés pendant les congés des agents et que les frais s’élèvent à près de 20 000 € pour la commune.
« Cela permet de comprendre les enjeux de ces infractions commises au préjudice d’infrastructures publiques », a souligné le procureur lors de ses réquisitions. S’il a reconnu que le prévenu n’était « pas dans le déni », il s’est dit peu convaincu par sa promesse d’arrêter : « Il venait de sortir de prison en janvier, on lui a tendu la main, je ne pense pas que ce soit productif de le laisser en liberté. »
Le tribunal suit les réquisitions
Le tribunal a suivi cette position en prononçant une peine de dix-huit mois de prison ferme. L’avocat de la défense, Me Michel-Pierre Raynaud-Bardon, avait pourtant plaidé pour une remise en liberté avec un dernier avertissement. « On peut le croire quand il dit qu’il va s’arrêter. Il a assumé ses actes, les a expliqués, sans en être fier. Le faire sortir serait productif, au contraire », a-t-il argumenté.
Le prévenu a conclu son audition en reconnaissant sa responsabilité : « J’aurais trouvé un CDI et contracté un crédit à une banque, pour rembourser mes dettes et éviter de faire tout ça. Mais j’ai fait ça comme un grand, j’assumerai comme un grand. Mais tout ça est terminé, j’ai une famille et des enfants, ça suffit. » Il a été conduit en prison à l’issue de l’audience.



