Guyane : prison au cœur de la lutte contre factions armées brésiliennes
Guyane : prison au cœur de la lutte contre factions brésiliennes

Le centre pénitentiaire de Guyane, situé à Rémire-Montjoly, se trouve en première ligne face à l'expansion des factions armées brésiliennes. Avec près de 80% de détenus étrangers, majoritairement brésiliens, l'établissement est un point névralgique dans la lutte contre le narcotrafic et la violence qui gangrènent la région.

Un établissement sous pression

Construit pour accueillir 600 détenus, le centre en héberge actuellement plus de 900, soit un taux d'occupation de 150%. Cette surpopulation carcérale exacerbe les tensions, d'autant que les factions brésiliennes, comme le Premier commando de la capitale (PCC) et le Commando vermelho (CV), tentent d'étendre leur influence au sein de la prison. Selon une source judiciaire, « ces groupes utilisent la détention pour recruter et organiser leurs trafics vers l'Europe ».

Des mesures de sécurité renforcées

Face à cette menace, l'administration pénitentiaire a mis en place des mesures drastiques. Depuis janvier 2026, des fouilles systématiques sont effectuées, et les communications des détenus sont surveillées de près. Un brouilleur de téléphones portables a été installé, mais son efficacité reste limitée. « Les téléphones continuent d'entrer, cachés dans des colis ou introduits par des complices », déplore un surveillant.

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Par ailleurs, des cellules spéciales ont été créées pour isoler les chefs de gangs, et les transferts vers d'autres établissements se sont intensifiés. En 2025, 120 détenus ont été déplacés vers des prisons en métropole, mais cela ne suffit pas à endiguer le phénomène.

Un enjeu régional et international

La situation en Guyane dépasse les frontières locales. Les factions brésiliennes contrôlent une partie du trafic de cocaïne en provenance du Brésil, du Suriname et du Guyana. La prison de Rémire-Montjoly est devenue un centre de commandement pour ces réseaux. « Nous assistons à une professionnalisation des gangs, qui utilisent la prison comme une base arrière », explique un enquêteur de l'Office antistupéfiants (Ofast).

Des moyens insuffisants

Malgré les efforts, les moyens restent insuffisants. Le centre manque de personnel : sur 220 postes de surveillants, 30 sont vacants. Les agents dénoncent des conditions de travail dégradées et réclament des renforts. « Nous sommes en sous-effectif chronique, ce qui fragilise la sécurité », affirme un représentant syndical.

Le ministère de la Justice a annoncé en juin 2026 un plan de 10 millions d'euros pour rénover la prison et recruter 20 surveillants supplémentaires, mais ces mesures sont jugées insuffisantes par les syndicats.

Vers une coopération renforcée avec le Brésil

Pour contrer l'expansion des factions, une coopération judiciaire avec le Brésil a été renforcée. En mars 2026, un accord a été signé pour faciliter les échanges de renseignements et les extraditions. « Il est essentiel de frapper les chefs de gangs chez eux », souligne un diplomate français. Cependant, les résultats tardent à se concrétiser, et la prison reste un maillon faible dans la lutte contre le narcotrafic.

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