Delphine Guidoni libère sa parole sur l'inceste dans 'Les Yeux bleus de mon père'
Guidoni témoigne de l'inceste dans son livre poignant

Delphine Guidoni brise le silence sur les violences incestueuses

Delphine Guidoni, habitante de Puisserguier, vient de publier Les Yeux bleus de mon père aux éditions L’écharpe d’Iris. Cet ouvrage poignant relate sans filtre les actes de pédophilie incestueux dont elle a été victime jusqu’à l’âge de 11 ans. À 35 ans, lors d’un dimanche de Pâques où sa fille fêtait son premier anniversaire, un déclic s’est produit en voyant sa petite fille sur les genoux de son grand-père.

Un secret enfoui pendant des décennies

Delphine décrit ce moment comme une lame traversant son corps, la figant sur place. Elle avait toujours su, mais avait enfoui ce secret dans un déni profond, au point d’oublier les événements. Le premier à apprendre la vérité fut son mari, qui a supporté ses humeurs et les difficultés conjugales sans jamais l’abandonner. Après des hésitations, elle a révélé l’identité de l’agresseur : son propre père.

À partir de là, impossible de faire marche arrière. Elle a dévoilé toute son enfance marquée par les abus, dont elle ignore la date de début. Ses premières règles ont servi d’excuse pour échapper aux intentions de son père, mais elle a décidé de protéger sa fille de ce monstre.

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La confrontation libératrice avec son père

Soutenue par un de ses frères et son mari, Delphine a enfin osé regarder son père dans les yeux. Pour la première fois en 35 ans, elle a vu le bleu de ses yeux, lors d’une ultime rencontre. Elle lui a demandé pourquoi, sans obtenir de réponse, mais il a reconnu les faits. Ce jour-là, elle a perdu ses deux parents, car sa mère, au courant depuis toujours, n’avait jamais rien dit pour préserver l’image d’une famille idéale.

Delphine a pu lui dire : Tu es un pédophile, je suis ta victime. Cette phrase a marqué sa propre justice, brisant l’emprise paternelle. Elle a senti sa tristesse, mais plus aucune peur.

Un long chemin vers l’écriture thérapeutique

Après dix ans de souffrance enfouie, Delphine a entrepris d’écrire son histoire pour parfaire sa thérapie. Son objectif n’était pas d’incriminer, mais de tirer quelque chose de positif de ce drame. Formée à la psychanalyse, elle a trouvé des outils pour se reconstruire. Cependant, l’écriture s’est avérée ardue : elle a buté sur le neuvième chapitre, incapable d’aborder les détails les plus traumatisants.

Grâce à ses consultations en psychanalyse et en aidant une autre femme souffrant de maux similaires, elle a surmonté sa torpeur. En pleurant, elle a noirci les mots victime et pédophile sur le papier, une délivrance émotionnelle intense. Trois années ont été nécessaires pour boucler le livre, avec des moments de lutte contre elle-même.

Une libération et un message d’espoir

Delphine exprime une fierté profonde d’avoir écrit cet ouvrage, qui pourra aider d’autres victimes à se reconnaître et à se libérer. Elle se dit suffisamment forte pour ne plus craindre ses géniteurs et ne pas se rétracter. Bien qu’elle ait choisi de ne pas poursuivre son père en justice, son témoignage sert de cri d’alarme contre l’inceste et la pédophilie.

Le livre Les Yeux bleus de mon père est disponible à 13 € aux éditions L’écharpe d’Iris, en version dématérialisée et dans de nombreuses librairies. Delphine Guidoni prévoit une séance de dédicaces en avril à Cultura à Béziers, bien que la date ne soit pas encore fixée. Son histoire rappelle l’importance de briser le silence et de soutenir les survivants de violences familiales.

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