Le parquet de Paris a requis le renvoi en correctionnelle de la gérante du gîte de Wintzenheim (Haut-Rhin), seule poursuivie après l’incendie qui a fait 11 morts le 9 août 2023. Cette décision, prise lundi 21 septembre 2026, intervient après près de trois ans d’enquête. La gérante devra répondre de "violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité ayant involontairement causé la mort ou des blessures", selon une source proche du dossier, confirmant une information du journal L’Est républicain.
Une seule personne poursuivie, les familles déçues
Si le juge d’instruction suit ce réquisitoire définitif, la gérante sera jugée en son nom propre et en tant que gérante de société. Aucun renvoi n’est requis contre l’ancien maire de Wintzenheim et son adjoint chargé de l’urbanisme, ni contre les deux organismes organisateurs des séjours, Oxygène Vacances Adaptées et Idoine. Les familles des victimes, qui espéraient voir d’autres responsabilités engagées, ont réagi avec consternation. "On le regrette vivement", a commenté une famille auprès de nos confrères.
Un bâtiment non homologué et des manquements graves
L’incendie du bâtiment non déclaré avait causé la mort de onze personnes, dont dix adultes handicapés. Les experts privilégient l’hypothèse d’une bougie restée allumée près d’un canapé par l’animateur responsable du séjour, lui-même décédé après être retourné dans le gîte pour sauver les vacanciers. Son état d’alcoolémie aurait altéré sa perception du danger et sa capacité de réaction. Le logement ne disposait d’aucune homologation ni des équipements de sécurité obligatoires pour un établissement recevant du public. "Une bougie qui reste allumée dans un bâtiment avec des alarmes en nombre suffisant et bien placées n’aurait peut-être pas eu les mêmes conséquences", indiquait en août 2025 Violaine Lagarrigue, l’avocate nancéienne de plusieurs familles de victimes, citée par le quotidien régional.
La décision finale aux juges d’instruction
La décision finale revient aux juges d’instruction, avant un procès envisagé en 2027. Cette affaire, qui avait suscité une vive émotion, avait conduit à l’ouverture d’une enquête pour "homicides et blessures involontaires". Les proches des victimes attendent désormais que la justice se prononce sur le renvoi, espérant que les responsabilités seront pleinement établies lors de l’audience.



