En pleine période de canicule, une grève au SAMU social de Paris perturbe fortement le fonctionnement du 115, le numéro d'urgence pour les sans-abri. Depuis le début du mouvement, lancé par une partie du personnel, les appels peinent à être traités, laissant des centaines de personnes sans solution d'hébergement d'urgence. Selon les syndicats, environ 70 % des opérateurs du 115 étaient en grève ce mercredi, provoquant des délais d'attente de plusieurs heures.
Un mouvement social en pleine alerte canicule
Le déclenchement de la grève intervient alors que Météo France a placé plusieurs départements d'Île-de-France en vigilance orange canicule. Les températures dépassent les 35 degrés Celsius à Paris, rendant la situation particulièrement critique pour les personnes sans abri. "C'est une honte de faire grève en pleine canicule, cela met en danger des vies humaines", a dénoncé la mairie de Paris dans un communiqué. De leur côté, les grévistes dénoncent des conditions de travail dégradées et un manque de moyens chronique. "Nous ne pouvons plus travailler dans ces conditions, les locaux sont insalubres et nous manquons de personnel pour répondre à la demande croissante", a expliqué un représentant syndical.
L'impact sur les sans-abri
Conséquence directe de la grève, le 115 a reçu 30 % d'appels en moins que la normale, mais le taux de décroché a chuté de 50 %. De nombreux sans-abri se sont retrouvés sans solution, contraints de passer la nuit dehors malgré la chaleur. "J'ai appelé plusieurs fois, personne ne répondait. Finalement, j'ai dû dormir dans le métro", témoigne Mamadou, un sans-abri rencontré près de la gare de l'Est. Les associations d'aide aux sans-abri, comme Médecins du Monde, alertent sur les risques sanitaires. "La canicule est déjà dangereuse pour les personnes vulnérables, mais sans hébergement, c'est une véritable urgence vitale", souligne un porte-parole de l'association.
Les revendications des grévistes
Les personnels du SAMU social de Paris demandent une revalorisation salariale, l'embauche de nouveaux opérateurs et la rénovation des locaux. Selon eux, les effectifs ont diminué de 15 % en deux ans, alors que le nombre d'appels a augmenté de 20 %. "Nous sommes épuisés, nous ne pouvons plus faire face", confie un gréviste. La direction du SAMU social assure avoir proposé des mesures d'urgence, mais les syndicats les jugent insuffisantes. Les négociations sont au point mort, et la grève pourrait se poursuivre dans les jours à venir.
Les autorités tentent de trouver des solutions
Face à l'urgence, la préfecture de police de Paris a activé un plan de mobilisation exceptionnel. Des bus chauffés ont été déployés pour offrir un abri temporaire aux sans-abri, et des maraudes renforcées sont organisées. Cependant, ces mesures restent insuffisantes pour compenser la paralysie du 115. "Nous faisons tout notre possible pour limiter les dégâts, mais sans le 115, c'est compliqué", reconnaît un responsable de la préfecture. La mairie de Paris a appelé à une reprise rapide du travail, tandis que le gouvernement presse les parties de trouver un accord.



