Gaz coupé depuis juillet : le calvaire des locataires de Turin-Est à Nice
Gaz coupé depuis juillet : le calvaire des locataires de Turin-Est

Depuis mi-juillet, les locataires de la résidence « Turin-Est », située à l'entrée du quartier des Liserons à Nice-Est, vivent sans gaz. Sur les 122 appartements, seuls 67 sont encore occupés, les autres étant murés par le bailleur social Côte d'Azur habitat en vue d'une démolition programmée dans le cadre du projet de rénovation urbaine. Les habitants, contraints d'utiliser des réchauds de fortune sur leurs balcons, dénoncent des conditions de vie de plus en plus précaires et dangereuses.

Des locataires livrés à eux-mêmes et contraints au système D

Dans cet immeuble fantôme, les témoignages se succèdent. Un homme de 82 ans, diabétique sévère, vit avec une plaque électrique posée sur sa gazinière pour cuisiner. « On n'a plus le gaz depuis des mois alors j'ai acheté ça… Ça m'a coûté cher et ça ne marche pas bien », confie-t-il. Sa fille, venue lui porter des plats, précise : « Il a 82 ans, un diabète sévère. Il ne peut pas manger n'importe comment. Le gaz est compris dans les charges et les charges, elles ne baissent pas. Mon père paie 200 euros par mois et encore, on lui demande plus à la fin de l'année ! »

Une autre locataire, croisée dans le hall, exprime son désarroi : « On est abandonnés par Côte d'Azur habitat mais pas par les dealers, eux sont toujours là et nous pourrissent la vie. » Elle raconte devoir se rendre chez sa sœur, dans le quartier Pasteur, pour cuisiner et rapporter les plats dans des boîtes réchauffées au micro-ondes. « Il faut bien nourrir les enfants », ajoute-t-elle.

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Des conditions de vie indignes et des risques pour la sécurité

Une voisine, mère de trois générations et de sept enfants dont un bébé, montre les moisissures sur les murs, les fils électriques dénudés, les VMC hors d'usage et la tuyauterie déglinguée. « On a un toit mais à quel prix, tout pourrit. Même en Afrique, c'est pas comme ça ! On paie les loyers, les charges, on est maltraités », s'indigne-t-elle. Sur son balcon, une marmite bout sur un réchaud alimenté par une petite bonbonne de gaz. « On cuisine comme ça, sur des réchauds. Le soir, dans le quartier, partout sur les balcons, on voit des flammes et de la fumée. C'est hyper dangereux mais on n'a pas le choix. »

L'ascenseur est également en panne, forçant les résidents, dont une dame avec un caddie, à monter les escaliers usés. « Et encore, c'est pire en haut, l'ascenseur est en panne, rien ne marche », déplore le papy de 82 ans.

Le bailleur promet une intervention, mais les locataires restent sceptiques

Interrogé, le bailleur social Côte d'Azur habitat explique que « les dysfonctionnements sont liés à des dégradations commises par des squatteurs pour dérober du cuivre ». L'organisme précise que les chaudières ont été relancées, mais qu'une nouvelle baisse de pression a été constatée. « Le chauffagiste intervenant pour le compte du syndic et leur expert seront sur site le 11 septembre pour rétablir la situation et résoudre durablement ce problème », ajoute-t-il. Pour l'alimentation en gaz de cuisine, « une intervention de GRDF est en cours de programmation mais les raccords ne sont pas faits à ce jour. Nous sommes dépendants de la programmation des équipes de GRDF qui sont mobilisées par nos soins ainsi que ceux du syndic. Nous espérons une intervention rapide pour permettre aux locataires de retrouver un usage normal de leurs équipements », conclut Côte d'Azur habitat.

En attendant, les locataires, qui ont tous souhaité garder l'anonymat, continuent de vivre dans des conditions précaires, espérant une solution rapide pour retrouver un quotidien digne.

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