Les dirigeants de gauche n'ont pas retenu leurs coups ce mardi 7 juillet contre Marine Le Pen, condamnée en appel dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national (devenu Rassemblement national, RN). En toile de fond, le suspense autour de la candidature à la présidentielle de la députée d'extrême droite, juridiquement possible mais entachée d'une condamnation pour détournement de fonds publics et le port d'un bracelet électronique pendant un an.
Interrogé depuis la Syrie, Emmanuel Macron a refusé de s'exprimer. « Ce qui est sain pour la démocratie, c'est que le président de la République ne commente pas les décisions de justice, donc je vais m'en tenir à cette grammaire, qui plus est à l'étranger », a-t-il répondu lors d'une conférence de presse avec le président syrien Ahmed al-Charaa.
Une « délinquante » qui n'a plus la « légitimité » pour 2027
Marine Le Pen « est une délinquante, voilà la seule conclusion qu'on peut tirer de cette décision de justice […] elle est coupable de détournement de fonds publics et le RN a été condamné pour détournement de fonds publics. […] Elle est coupable et c'est une délinquante », a asséné le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Boris Vallaud. « Après, c'est à elle de poser la question de savoir si quand on est une délinquante, on se présente aux électeurs », a ajouté le député des Landes.
« Quand on est candidat à la plus haute fonction présidentielle, on doit pouvoir se montrer exemplaire, ce qui n'est pas le cas », a pour sa part estimé le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure. « Marine Le Pen, maintenant, est seule devant sa conscience », mais « la seule décision qui serait une décision moralement acceptable, c'est de se retirer d'une course à la présidentielle dont elle n'a plus la légitimité », a-t-il jugé.
Un bracelet électronique « peu compatible » avec une campagne
De son côté, le parti Les Ecologistes a dénoncé la « délinquante en col blanc » du RN, rappelant que 4,1 millions d'euros d'argent public ont été détournés au profit du parti d'extrême droite – « c'est-à-dire l'argent de nos impôts ». « Dans le langage courant, ça s'appelle du vol, dénoncent les Verts. Et qui voudrait des voleurs à l'Elysée ? »
« Comme je ne suis pas au RN, je respecte cette décision de justice et je me garderais bien de critiquer les juges », mais Marine Le Pen est une « privilégiée » qui a « bénéficié d'une grande mansuétude » de la part de la justice, « notamment en passant aussi rapidement en appel », a pour sa part estimé la secrétaire nationale des Ecologistes Marine Tondelier. « Les restrictions du bracelet électronique » semblent « peu compatibles avec une campagne présidentielle », a ajouté l'élue du Pas-de-Calais, terre d'élection de la leader du RN.
« Le Rassemblement national est un parti de voleurs dont les responsables ont été condamnés pour détournement de fonds publics. Par millions, a rappelé le sénateur écologiste Thomas Dossus. Nous ferons tout pour que ni leur idéologie mortifère, ni leurs cadres ne s'emparent du pouvoir. »
« Comment imaginer une candidate à l'élection présidentielle qui fait campagne avec ce boîtier à la cheville ? C'est le marqueur du degré de corruption de la nation », a abondé le député François Ruffin, lançant un brin ironique « Bienvenue dans la République des bracelets électroniques ». « Madame Le Pen est une voleuse, une délinquante », a martelé son collègue Benjamin Lucas, estimant qu'une victoire du RN en 2027 « serait une humiliation terrible pour la France ».
« Champagne à la main » ou « bracelet électronique à la cheville »
Du côté des insoumis, Jean-Luc Mélenchon s'est fendu d'un court tweet pour noter que son but est « de débarrasser le pays du RN et de ses candidats par la voie des urnes et la volonté du peuple lui-même ». Le candidat à la présidentielle, qui avait estimé lors de la décision en première instance que « la décision de destituer un élu devrait revenir au peuple », note cette fois-ci que rien ne change « quelle que soit la candidature ».
Plus explicite, le député LFI Ugo Bernalicis a souligné sur X que « bracelet électronique ou pas », une condamnation pour détournement de fonds publics « colle (it) désormais à la peau » de Marine Le Pen, « à ce stade de la procédure ».
Dans un communiqué, La France insoumise note que désormais, Marine Le Pen et le RN ont été condamnés par deux tribunaux différents, suite à cette décision en appel. Prenant acte de la possible candidature de la députée d'extrême droite qui avait déclaré ne pas vouloir faire campagne sous bracelet électronique, les insoumis ironisent : « Il lui appartient désormais de se déjuger ou non et au Rassemblement national de choisir entre faire campagne un verre de champagne à la main ou un bracelet électronique à la cheville. » Référence à une photo de Jordan Bardella, verre à la main, lors du Grand Prix de Monaco.



